Répression en Birmanie

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Les médias semblent brusquement découvrir la situation dramatique de ce pays soumis à la terrible dictature d’une junte militaire. On va peut-être enfin entendre parler de la lutte du peuple Karen, au nord du pays, qui a créé son propre État en 1950, le Kawthoolei (prononcez « Kotoulé »), et qui est régulièrement persécuté par le pouvoir birman.
Depuis un mois, les manifestations menées par les moines bouddhistes contre la junte militaire au pouvoir avaient pris beaucoup d’ampleur. Ces défilés pacifiques contre la vie chère avaient commencé après les fortes hausses du carburant en août dernier. La situation économique s’est en effet beaucoup détériorée depuis quelques mois et les moines bouddhistes, qui vivent d’aumônes, en sont les premiers affectés.
Ce 24 septembre, plus de 100000 manifestants ont défilé dans les rues de Rangoun, emmenés par 30000 moines. Le lendemain, le régime a instauré le couvre-feu et décidé de réprimer le mouvement par la force. Les troupes ont tiré sur les manifestants et de nombreux moines ont été détenus. L’armée a coupé toutes les communications et s’est déployée autour des monastères décrétés « foyers d’activisme pro-démocrate ». Plusieurs centaines de moines ont été arrêtés au cours de raids de l’armée dans les monastères ; ils ont ensuite été emmenés vers des destinations inconnues. L’envergure de la répression antireligieuse montre à quel point la junte s’est sentie menacée par l’implication des moines. En effet, sans être réellement politisés, les moines détiennent une véritable autorité morale et sont très proches de la population. D’ailleurs, ils dépendent d’elle pour se nourrir, de l’aumône qu’elle leur accorde en versant de la nourriture dans leur bol.
“Nous marchons pour le peuple”, scandaient les moines. “Nous voulons que la population se joigne à nous”. Cet appel avait été entendu jusque dans les zones les plus rurales si bien qu’au nord du pays, le 24 septembre au matin, plusieurs centaines de villageois Karens du district de Dooplaya se sont rassemblés devant l’école de Kawkareik. Ce groupe comprenait des moines bouddhistes, des professeurs bouddhistes et chrétiens, des parents et des étudiants des villages voisins. Les Karens se battent depuis des décennies pour défendre leur identité et leur indépendance. Souffrant de la répression militaire, ils ont voulu ainsi montrer leur solidarité avec tous les manifestants. Aujourd’hui, on peut craindre un regain de persécution contre le peuple Karen.

 

 

Liens pour en savoir plus sur les Karens :

http://www.karenemergency.org/

http://www.khrg.org/

Les fêtes de la Saint-Michel à Aretxabaleta

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Ce dernier weekend de septembre, c’était la fête à Aretxabaleta! Les fêtes de San Miguel, Sanmigelak, qui sont très populaires et attirent beaucoup de monde, marquent la fin de l’été. La dévotion à Saint Michel  est ici très ancienne puisque la première paroisse d’Aretxabelata, aujourd’hui disparue, était une église romane, appelée San Miguel de Bedarreta, dont il ne reste que le portail, à l’entrée du cimetière.
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buruhandiakAujourd’hui, les Sanmigelak sont surtout l’occasion de faire la fête, de bien manger et bien boire! Les animations ne manquent pas : une foire agricole bio dans la rue principale, des compétitions sportives avec des démonstrations de aizkolaris, (débiteurs de troncs d’arbres) et harrijasotzailes (souleveurs de pierres), des championnats de belote et d’échecs, des concerts (des chorales mais aussi des txistularis avec leurs flûtes, des trikitixaris avec leurs accordéons, et des txalapartaris et leurs tambours), un repas populaire sur la place du village, des bertsolaris qui improvisent des vers sur un thème donné, des cabezudos (ou buruhandiak, ci-contre, sorte de pères fouettards avec une grosse tête qui font peur aux enfants), etc.
On revêt pour l’occasion les traditionnels habits de fermiers. Les élèves de Kurtzebarri Eskola, l’école primaire publique, proposent quant à eux leurs propres produits bio. Et bien sûr, on ne peut pas envisager les Sanmigelak sans le traditionnel talo de txistorra et un verre de cidre!
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L’ONU adopte la Déclaration sur les droits des peuples autochtones.

Il aura fallu vingt-deux années de négociations pour que l’Assemblée Générale des Nations unies adopte enfin, ce jeudi 13 septembre 2007, une Déclaration sur les droits des peuples autochtones.

Téléchargez le texte intégral de la Déclaration.

Selon le secrétaire général de l’ONU, BAN KI-MOON, l’adoption de ce texte est un “triomphe pour les peuples indigènes du monde entier” et elle marque “un moment historique où les Etats membres de l’ONU et les peuples indigènes ont réconcilié leurs histoires douloureuses”. La déclaration a été adoptée à une écrasante majorité : 143 États ont voté pour, 11 se sont abstenus (notamment la Russie, le Nigeria et la Colombie) et 4 ont voté contre (les Etats-Unis, l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande).

La Déclaration reconnaît aux peuples autochtones le “droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes” ainsi que “le droit de ne pas subir d’assimilation forcée ou de destruction de leur culture”. Elle proclame surtout “le droit à l’autodétermination” des peuples autochtones (art. 3) ainsi que le “droit à réparations” en cas de spoliation avérée (art. 28) et ce sont ces dispositions qui ont entraîné l’opposition des Etats-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande, des pays où l’on trouve des populations autochtones significatives. Pendant longtemps, la France avait été réticente, “en raison du principe d’indivisibilité de la République”, mais l’intérêt du président Chirac pour les peuples premiers a fait qu’elle a finalement approuvé la Déclaration. La plupart des délégations qui ont voté en faveur du texte ont cependant tenu à rappeler qu’il est juridiquement non contraignant et que ses dispositions doivent être examinées à la lumière de la législation de chaque Etat.

L’art de la cueillette au Pays basque

Avec l’automne vient l’époque de la chasse et de la cueillette. Et soudain, c’est comme si l’on trouvait au Pays basque  les résidus d’une société de chasseurs-cueilleurs! Certes, les basques ne nomadisent pas en quête des ressources végétales et animales qui vont assurer leur subsistance, mais on retrouve ici ce lien étroit avec la nature qui caractérise tant de peuples autochtones.
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C’est mon beau-père qui m’initie aux joies de la collecte. Ainsi, le matin, alors que nous entendons au loin les coups de feu tirés par les chasseurs, nous partons à flanc de montagne, en bordure de lac, en quête d’endrinas, ces petites prunes sauvages -sylvestres comme on dit ici- avec lesquelles nous allons fabriquer notre patxaran.
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Le prunus spinosa est un arbuste épineux que l’on trouve à la lisière des forêts de hêtres ou le long des sentiers ruraux. Nous concentrons nos efforts de cueilleurs sur certains arbustes qui, mieux exposés, très ramifiés et touffus, sont particulièrement généreux en fruits. Les épines cependant ne facilitent pas la collecte et il ne faut pas avoir peur de s’égratigner, comme si la scarification faisait partie  du rituel. Tout est question de patience: on cueille les petits fruits un par un. Le patxaran, ça se mérite! Il arrive que des cueilleurs pressés soient passés plus tôt, prenant les fruits avant qu’ils ne soient mûrs, parfois en arrachant les branches pour aller plus vite: un tel saccage ne peut pas être le fait de vrais basques selon mon beau-père… Le Basque aurait-il donc une relation spéciale avec la nature? Quand les fruits sont à deux ou trois mètres de hauteur, on attrape les rameaux avec une canne et on les tire vers le bas: le bois du prunus spinosa est en effet dur -il pouvait servir autrefois à faire des manches d’outil- mais les branches sont souples et on peut les plier sans nécessairement les casser. Certains fruits sont  plus beaux que d’autres: le bleu est plus foncé et le diamètre proche du centimètre. Quand on en a suffisamment collectés, c’est-à-dire une bonne centaine chacun, on s’arrête.
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Comme c’est aussi la saison, on ne peut résister ensuite à la tentation de jeter un coup d’oeil dans les sous-bois pour voir s’il y a des champignons. Mon beau-père est un expert, il a ses coins et reconnaît tous les types de champignons, et, tel un chaman de Sibérie, il sait les effets hallucinogènes de ces amanites tue-mouches (amanita muscaria) que l’on a trouvé sur les hauts d’Urbia. Avec son joli chapeau rouge parsemé de flocons blancs, ce champignon est en effet utilisé lors de rituels par de nombreux peuples: les Koryak, nomades du Kamtchatka,  qui s’en servent pour prédire l’avenir, établir des diagnostics et avoir des nouvelles des parents morts, mais aussi les Dogrib du Canada et les Ojibwa de la région des Grands lacs.
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Revenons à notre projet de faire du patxaran. Ce digestif originaire de Navarre est un produit de la cueillette à plus d’un titre. Ainsi, on peut ajouter à la préparation de la camomille sauvage que l’on aura également ramassé dans les prairies. Chez eux, mes beaux parents ont toujours de la camomille sylvestre: au Pays basque, la Chamaemelum nobile est traditionnellement utilisée pour soigner les maux de ventres et les problèmes digestifs. Dans Rito y fórmula en la medicina popular vasca [1], Juan GARMENDIA LARRAÑAGA rapporte quelques soins à base de camomille. Certains en usage externe, sous forme d’un cataplasme que l’on applique sur le ventre:
zartagin olioa berotzen jarri eta atzaparkada edo eskukada bat manzanil olio artara botaeta perdigatu. Gero, olio-manzanil auek zapi baten zabaldu eta txilbor gainean fajatuta jarri. Oztutakoan kendu.
D’autres, plus courants, en usage interne: la camomille peut être prise en infusion avec du thym, et c’est encore plus efficace si ces plantes ont été bénies le matin de la saint Jean…fm
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La camomille va donc renforcer les vertus digestives que l’on prête au patxaran. Cet alcool, apparu en Navarre au XIXème siécle, est  également très populaire au Pays basque. Nombreux sont les basques qui le fabriquent eux-mêmes en faisant macérer les prunelles qu’ils ont cueillies dans de l’alcool anisé. Les recettes sont variables. Dans un article du Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine publié en 2007, on dénombre en Navarre une vingtaine de recettes: In the Navarre Pyrenees, there were 20 references mentioned maceration as a method of preparation. The most usual is maceration with anisette (with a use entirely internal and digestive), as in the case of the preparate called ‘patxaran’, the most famous and characteristic liquor not only of the Pyrenean region but also of Navarra as a whole. Its production and consumption has also been reported in certain neighbouring villages and towns in the central Pyrenees. En fait, la recette de base est simple: il s’agit de faire macérer pendant 3 à 4 mois les prunelles dans de l’alcool anisé. On peut ajouter, selon le goût, des grains de café, de la camomille, des gousses de vanilles, de la canelle ou encore de l’eau-de-vie.

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[1] GARMENDIA LARRAÑAGA Juan. Rito y fórmula en la medicina popular vasca, Andoain, Txertoa, 1990, 134 pages.