Le métier d’ethnologue
Résumé de cours.
Il n’y a pas d’ethnologie possible sans ethnographie. L’ethnographie, qui est la partie descriptive de l’ethnologie, constitue la première étape du travail d’ethnologue. Elle exige une enquête de terrain au cours de laquelle l’ethnologue va se livrer à l’observation directe de faits culturels : il va alors collecter patiemment et méthodiquement des informations et des données qui lui permettront ensuite de rédiger une monographie.
Il est indispensable que l’ethnologue prépare son terrain avant de partir : il va définir son champ d’étude et lire tous les travaux publiés sur le sujet. Si c’est nécessaire, il va apprendre la langue parlée par le groupe qu’il envisage d’étudier et lorsqu’il sera sur place, il s’appliquera à recueillir le vocabulaire relatif aux différentes occupations quotidiennes, ce qui peut d’ailleurs être une façon de justifier son séjour auprès des indigènes.
L’enquête de terrain dépend d’une bonne intégration de l’ethnologue dans la société étudiée. Comme il s’agit pour lui de pénétrer le groupe de l’intérieur, il lui faudra bien sûr faire preuve de patience : une enquête de terrain peut durer des mois, voire des années. Comme l’explique MALINOWSKI, il faut acquérir «le sens des bonnes et des mauvaises manières» qui sont propres aux indigènes et il faut finalement se «sentir proche d’eux». Par sa présence, l’ethnologue ne doit évidemment pas perturber ou dénaturer la vie du groupe qu’il étudie. Ainsi, au bout d’un moment, les indigènes ne seront plus intrigués par sa présence : ils le verront tout le temps parmi eux et finiront même par le «regarder comme un élément de leur existence».
L’enquête orale est très importante : elle repose non seulement sur des entretiens, des témoignages ou des réactions que l’ethnologue recueille sur-le-champ mais aussi sur la collecte de légendes, de contes et de chants qu’il faut enregistrer pour ensuite les transcrire par écrit. L’ethnologue a bien évidemment besoin d’informateurs : il peut commencer son terrain par un contact privilégié avec un individu qui lui semblera représentatif puis il élargira son champ d’enquête à l’entourage proche, qui correspond en général à la famille. L’étude des relations de parenté peut ensuite l’amener à analyser les relations sociales et, plus largement, l’organisation sociale et politique du groupe.
Le travail de l’ethnologue repose donc sur une méthode qui privilégie d’abord une approche profondément humaine, fondée sur l’oralité, l’observation et l’entretien plutôt que sur les statistiques. Ainsi, à partir des matériaux recueillis sur le terrain, l’ethnologue pourra décrire de façon complète et détaillée la vie et la spécificité d’un groupe humain. Puis il en analysera les différents aspects, en ayant parfois recours à une méthode comparative, c’est-à-dire qu’il pourra éventuellement rapprocher des faits ou des objets provenant de différentes cultures dans le but de les comparer et de trouver des lois et des règles valables pour toutes les sociétés. Claude LEVI-STRAUSS a dit que «l’ethnologue consacre principalement son analyse aux éléments inconscients de la vie sociale» : pour lui, il s’agit en effet d’appliquer une méthode d’analyse qu’on appelle le «structuralisme» et qui consiste à rechercher des structures –ou des modèles de comportement essentiellement inconscients- pouvant être dévoilées en observant notamment les règles de parenté, les rituels, la mythologie, l’art, les pratiques culinaires ou encore les classifications botaniques.
>Voir le commentaire de documents sur le travail des ethnologues sur le terrain.
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- Published:
- 26 septembre 2007 / 1:27
- Category:
- Anti-sèches, Lévi-Strauss, Méthodes, Terrain
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