Sports de brutes?

4000 litres de cidre, 3500 talos, 2500 chorizos… Quand on fait la fête ici, c’est sportif et, il faut reconnaître, c’est du brutal, pour reprendre une expression de Bernard Blier dans une scène inoubliable des Tontons Flingueurs
Ce samedi, il y avait une splendide ambiance de fête à Oñati. Foire agricole le matin, banquet, jeux, sports ruraux, danses, concerts de rue… Beaucoup de monde, en habits traditionnels de fermier, et les bars qui n’ont évidemment pas désemplis. À la tombée de la nuit, une manifestation en faveur des prisonniers basques a traversé le centre-ville dans un silence lourd. Dans ce contexte, il était difficile de trouver un bar qui diffuse le quart de finale France-Nouvelle Zélande (photo ci-dessus).
Le mondial de rugby est en effet passé complètement inaperçu ici et suscite peu d’intérêt. Pourtant, pas si loin, de l’autre côté de la frontière, en Iparralde, le rugby est une vraie religion! On touche là une vraie différence entre les deux Pays basques. Historiquement, le rugby s’est développé à la fin du XIXème siècle dans le Sud-Ouest de la France sous l’impulsion des milieux républicains et anticléricaux, en opposition aux patronages catholiques qui privilégiaient le football. Comme il n’y a jamais eu de Troisième République de ce côté de la frontière, le rugby ne s’y est jamais diffusé: voilà pourquoi j’ai tant de mal à voir des images de la coupe du monde…
Ceci dit, à Oñati, on a eu dans l’après-midi notre lot de sports de brutes avec les habituels souleveurs de pierres et débiteurs de troncs! En fait, les brutes, ici, on les préfère avec une hache plutôt qu’avec un ballon ovale.



À propos de cette entrée