Kilometroak: la fête de la langue basque dans le Gipuzkoa

Le Kilometroak.

Non, ce ne sont pas des pélerins qui se rendent à Compostelle!

Ce dimanche 7 octobre 2007, près de 150000 personnes se sont retrouvées à Bergara pour former une longue procession à la gloire de l’euskara, la langue basque. C’est ce que l’on appelle ici le Kilometroak, une fête véritablement populaire organisée chaque année depuis 1977 dans une ville différente du Gipuzkoa. Ce dimanche, Bergara est donc devenue un lieu saint où les marcheurs accomplissent leur rituel pour que la langue basque ne se perde pas. Et comme toute circulation automobile est interdite, les marcheurs se réapproprient l’espace urbain avec bonheur.

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Après avoir suivi la rivière (le Deba), l’itinéraire, de quelques six kilomètres, serpente au milieu des vergers et des champs (Aumategi, Agarre Garaia) puis traverse le quartier des hauts fourneaux (Labe Garaiak, où de nombreux gamins se retrouvaient pour siroter leur kalimotxo). C’est une façon de célébrer l’identité de la ville, entre agriculture et métallurgie, et les marcheurs régénèrent ainsi leur sentiment d’appartenance à la nation basque. On est bien ici dans la logique du pélerinage. Et comme les Jacquets, les marcheurs du Kilometroak peuvent s’arrêter en chemin pour reprendre des forces : des étapes sont prévues tout au long du parcours et l’on peut s’y restaurer mais aussi écouter des concerts. La vente des boissons et des sandwiches permet de recueillir des fonds pour les ikastolas, ces écoles privées où l’enseignement est entièrement en basque.

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La situation de l’euskara en Gipuzkoa.
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Avec un peu plus de 670000 habitants et une densité de 340 habitants au km2, le Gipuzkoa (ou Guipúzcoa) est, en terme de population, la seconde province du Pays basque espagnol après la Bizcaye (1100000 habitants) et avant l’Alava (290000 habitants). C’est la province où le taux de bascophones est le plus important: 51,5 % des Guipuzcoans parlent en effet euskara (contre 25% en Biscaye et 16% en Alava). À l’inverse, les personnes qui ne parlent et comprennent que l’espagnol (“erdaldunes”) sont minoritaires: 33,6% de la population. Enfin, les bilingues passifs (14,9%) sont ceux qui comprennent l’euskara mais ne le parlent pas.
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Quand on regarde la proportion de bascophones par communes, il apparaît que le bilinguisme est supérieur à 50% dans tout le Gipuzkoa, à la seule exception de Saint Sébastien. Le pourcentage des bilingues est particulièrement élevé (plus de 80%) dans les communes de moins de 20000 habitants, à fort caractère rural, notamment dans le centre de la province.
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L’évolution du bilinguisme par classe d’âge est intéressante dans la mesure où l’on peut observer deux tendances contradictoires. Depuis 1981, le nombre des personnes bilingues âgées de plus de 65 ans diminue légèrement: il s’agit en effet d’une génération marquée par la répression franquiste. À l’inverse , les générations les plus jeunes sont plus nombreuses à parler euskara, avec une augmentation spectaculaire pour les moins de 24 ans, qui correspond à la mise en place de l’enseignement en euskara dans les écoles publiques.
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Pour en savoir davantage, téléchargez et consultez la Carte sociolinguistique publiée (en espagnol) en 2005 par le Gouvernement autonome basque. Les cartes et graphiques ci-dessus en sont extraits.

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