Découverte d’une tribu d’Indiens isolés en Amazonie

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Ces photos sont fascinantes. Elles sont un peu floues, prises d’un avion ou d’un hélicoptère. Dans une étroite clairière dont le sol semble particulièrement sec, on aperçoit un alignement de huttes aux toits couverts de branchages. Alentour, la végétation semble dense et l’on devine que l’on se trouve en pleine forêt équatoriale. Des silhouettes colorées regardent dans notre direction. Sur l’une des photos, deux hommes, costauds, le corps peint en rouge, brandissent leurs arcs vers nous. Figée derrière eux, sans doute une femme, peinte en noir. Elle semble attendre l’affrontement. Ainsi découvrons-nous l’existence d’une tribu d’indiens isolés au fin fond de l’Amazonie. Et nous découvrons qu’ils perçoivent notre présence, notre regard même, comme une menace : ils veulent simplement qu’on les laisse tranquille.

En fait, cette tribu n’était pas complètement inconnue : la FUNAI, la Fondation brésilienne de l’Indien, connaît son existence depuis une vingtaine d’années. Elle a décidé aujourd’hui de diffuser ces clichés pour attirer l’attention du monde entier. Ces indiens sont menacés par les coupeurs de bois illégaux et par les compagnies pétrolières qui veulent exploiter des gisements découverts dans cette région du Pérou. Pour échapper aux prédateurs qui rasent leur forêt, il semblerait que certains de ces groupes d’indiens soient obligés de passer la frontière vers le Brésil. Espérons que ces photos permettront de sauvegarder l’existence de ces indiens. Elles ont une force qui nous renvoie à quelque chose d’immémorial. Lisons maintenant l’article paru dans Le Figaro et le communiqué de la FUNAI.

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Découverte d’une tribu d’Indiens isolés en Amazonie

Un des derniers groupes d’indigènes vivant sans contact avec le monde extérieur a été photographié près de la frontière péruvienne.

Article de Lamia OUALALOU paru dans Le Figaro du 31 mai 2008.

Rio de Janeiro, le 30/05/2008.

C’est une première : traditionnellement jalouse du secret de ses découvertes, la Fondation nationale brésilienne de l’Indien (Funai) vient de divulguer une série de photos d’une tribu isolée, dans l’État de l’Acre, à la frontière avec le Pérou. Coupée du monde, cette tribu d’Indiens sédentaires, que la Funai rattache aux ethnies Tano ou Aruak, vivrait de la chasse et de la culture de manioc, banane et pomme de terre. Elle serait composée d’environ 250 âmes.

La Funai a cessé depuis les années 1980 de tenter de prendre contact avec les Indiens isolés, constatant que la moindre approche, même pleine de bonnes intentions, conduit à leur mort. Non immunisés contre les maladies venues de l’extérieur, les Indiens sont rapidement terrassés, même si l’échange avec les étrangers ne dure que quelques minutes. Pour leur majorité, il s’agit de survivants ou de descendants de survivants de tribus massacrées par des chercheurs d’or ou des agriculteurs, et qui ont pris la décision, il y a plusieurs décennies, de s’isoler pour se préserver.

L’appétit des compagnies minières et d’hydrocarbures

Le gouvernement brésilien estime qu’il existe encore au moins 68 tribus sans le moindre contact avec le reste du pays, éparpillées sur huit États (Acre, Amazonas, Goiás, Maranhao, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima). «Cela fait vingt ans que nous observons les tribus isolées partout en Amazonie, explique José Carlos dos Reis Meirelles Júnior, de la Funai. Nous avons décidé de montrer ces photos pour prouver leur existence et sensibiliser l’opinion sur les risques d’invasion, surtout en provenance du Pérou.»

Depuis quelques mois, la fondation dénonce les avancées de chercheurs d’or, coupeurs de bois et planteurs de coca dans la région, tout comme l’appétit des compagnies minières et d’hydrocarbures, qui veulent mettre la main sur le sous-sol amazonien, quitte à violer les réserves indigènes. La démarcation de ces réserves est un sujet brûlant au Brésil. La Cour suprême vient d’être saisie d’un cas concernant le territoire Raposa-Serra do Sol, que le gouvernement vient d’attribuer à 20 000 Indiens d’Amazonie et que les planteurs de riz refusent d’abandonner. Ils prétendent défendre leurs cultures les armes à la main.

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Communiqué de la FUNAI:

29 de maio

Funai fotografa índios isolados na fronteira do Brasil com o Peru

Durante 20 horas de vôo em uma aeronave Cesna Skylane, a Frente de Proteção Etno-Ambiental Rio Envira da Fundação Nacional do Índio coletou imagens de indígenas isolados na margem esquerda do rio Envira, no Acre, próximo à fronteira com o Peru. O grupo, de etnia ainda não definida, vive em seis malocas e possuem grande área de roçado. Os guerreiros fotografados têm aparência forte e sadia.

Próximo a igarapés da margem direita do rio Envira foram encontradas outras malocas, confirmando a presença de outros povos isolados. O trabalho foi coordenado pela Funai, para recolher dados de localização, tamanho das malocas e estimativa de aumento populacional. “Nessa região existem quatro povos isolados distintos que já temos acompanhado há 20 anos”, explica José Carlos Meirelles Júnior, coordenador da frente de proteção.

A equipe da Frente de Proteção contou com apoio da Secretaria Especial dos Povos Indígenas do Governo do Acre. Os vôos foram realizados entre os dias 28 de abril e 02 de maio nas Terras Indígenas Alto Tarauacá e Kampa e Isolados do Rio Envira, já demarcadas e homologadas, e na Terra Indígena Riozinho do Alto Envira, que está em processo de regularização.

Isolados são prioridade para Funai

As Frentes de Proteção Etno-Ambiental da Funai são responsáveis pelo trabalho de vigilância e proteção aos índios isolados e às terras que habitam. De acordo com o Coordenador-Geral de Índios Isolados (CGII), Elias Biggio, as Frentes não fazem contato com os grupos, o que requer da Funai ações intensivas para conter as invasões, permitindo, assim, a total autonomia dos povos indígenas isolados.

Um diagnóstico elaborado pela CGII, em 2006, e realizado pelos coordenadores das Frentes de Proteção Etno-Ambientais, resultou na identificação da existência de 68 referências de grupos de índios isolados, que estão localizadas nos estados da Amazônia Legal (AC, AM, MA, MT, PA, RO, RR), com exceção de uma referência que está localizada no estado de Goiás. Atualmente, existem seis Frentes de Proteção Etno-Ambiental na Amazônia Legal, situadas nos estados do Acre, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, regiões onde existe o maior número de referências sobre índios sem contato. Elas são responsáveis pelas ações de localização, proteção, vigilância e fiscalização, em uma área de aproximadamente quinze milhões de hectares.

Mapa TI da Frente Envira


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