Les Pygmées, une culture en danger

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Photo: Famille pygmée, Cameroun © Salomé/Survival
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1. Les Pygmées, « peuple de la forêt ».

Le terme « pygmée », hérité de la Grèce antique, est utilisé en ethnologie pour désigner différentes populations de petites tailles dispersées en Afrique équatoriale. Il existe beaucoup de groupes pygmées, comme par exemple les Bagyeli et les Medzan (Cameroun), les Baka et Bagombe (Cameroun, Gabon, Congo), les Bongo (Gabon), les Kola (Gabon, Congo), les Aka et Mbenzele (Centrafrique, Congo), les Cwa et Mbuti (République Démocratique du Congo) et les Batwa (République Démocratique du Congo et Rwanda). Chaque groupe parle sa propre langue mais des mots communs, tels « Jengi », qui désigne l’esprit de la forêt, permettent de penser que tous les pygmées ont possédé jadis une même langue. Les Pygmées partagent tous en effet cette relation étroite et vitale avec la forêt: pour eux, la forêt est un dieu, une « mère nourricière », qui leur offre tout ce dont ils ont besoin. Elle les protège, les nourrit, les soigne, les distrait. Ils vivent de chasse (petits ou grands mammifères) et de cueillette (plantes sauvages, champignons, chenilles) et ont su développer de nombreux savoirs écologiques traditionnels: ainsi connaissent-ils précisément la faune et la flore de la forêt équatoriale, pour les besoins notamment de la chasse, de la pharmacopée ou même de la musique et la danse.

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2. Les dangers qui menacent les Pygmées.

Comme nombre de peuples autochtones, les Pygmées sont menacés d’acculturation ou de disparition. Les Pygmées sont d’abord victimes de la déforestation. Ils voient leur forêt tropicale humide menacée par les coupes de bois et ils sont chassés par les colons. Ils sont continuellement privés de leurs droits par des gouvernements qui ne les considèrent pas comme des citoyens égaux. Dans l’est de la République du Congo et au Rwanda, les forêts ont disparu si bien que les Batwa survivent aujourd’hui difficilement comme ouvriers agricoles ou mendiants. Au Cameroun, la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun a bouleversé la vie des Bagyeli qui ont été expulsés de leur territoire. En 2002, des Pygmées Mbuti ont été victimes de massacres atroces dans les provinces d’Ituri et du Nord Kivu, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Souvent, les Pygmées sont victimes de racisme et sont exploités par d’autres ethnies. Contraints à s’assimiler et à abandonner leur mode de vie traditionnel, ils peuvent travailler comme ouvrier saisonnier dans des exploitations agricoles où on les paie parfois en leur fournissant de l’alcool. Il arrive que les jeunes femmes soient exploitées sexuellement et forcées à se prostituer. Des menaces d’ordre sanitaire planent ainsi sur les Pygmées: en se sédentarisant, les Pygmées côtoient davantage les ethnies voisines et sont désormais touchés par le sida. Le nombre de personnes infectées par le VIH/SIDA est en augmentation et les violences sexuelles sur les femmes aggravent cette situation. Enfin, les Pygmées sont particulièrement affectés par le pian, une syphilis non vénérienne qui déforme les chairs et crée des lésions osseuses pouvant aboutir à des déformations très graves.

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3. Les Pygmées Aka

Les pygmées Aka vivent dans le sud de la République Centrafricaine et au nord du Congo. Ils sont considérés comme les premiers habitants de cette région. Ils sont aujourd’hui environ 60000, formant des groupes réduits d’une cinquantaine de personnes, en général toutes apparentées, qui vivent dans des campements temporaires de huttes. Ils sont traditionnellement nomades et parcourent la forêt selon les saisons, à la recherche de gibier, tels des porc-épics ou des antilopes, qu’ils chassent avec des filets ou des sagaies, mais aussi de champignons, racines comestibles, ignames, baies, noix, miel, et chenilles qu’ils récoltent avec méthode. Comme tous les Pygmées, ce sont en effet des chasseurs cueilleurs qui savent tirer le meilleur parti de la forêt. Au cours de la saison sèche, ils se rapprochent des agriculteurs bantous et ont tendance aujourd’hui à se sédentariser. Ainsi, par exemple dans l’extrême nord de la République du Congo, dans le département de la Likouala, à proximité d’Impfondo, le village de Kombola est un village mixte où les Aka se sont fixés et tentent de cohabiter avec les Bantous. Cette cohabitation est difficile, car les Aka sont victimes de racisme et sont asservis et exploités. Ils aident les Bantous à défricher, participent aux travaux des champs ou même se livrent à la chasse pour eux. Cependant, repoussés par l’exploitation agricole et forestière, certains groupes ont préféré se replier en forêt profonde. Régulièrement, les camps dispersés se rassemblent pour des cérémonies au cours desquelles on chante et l’on danse, avec des masques de feuilles ou de raphia. La musique pygmée, essentiellement vocale, se caractérise par des somptueuses polyphonies.

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Sources:

BIMBENET Jérôme. Les peuples premiers : des mémoires en danger, Paris, Larousse, 2004, 128 pages.

PANOFF Michel et Michel PERRIN. Dictionnaire de l’ethnologie, Paris, Payot, 1973, 293 pages.

TAMISIER Jean-Christophe (dir.). Dictionnaire des peuples, Paris, Larousse, 1998, 228 pages.

LE MONDE: “Les Pygmées, petit peuple des forêts”, article de Jean-Pierre TUQUOI (24 mars 2006). Disponible: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3546,36-754265@51-754421,0.html

SALOMONE Gérard et TAGLIONI François: “LA MARGINALISATION SANITAIRE DES ÎLOTS PYGMÉES DE LA LIKOUALA”. Disponible: http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2000/salomone/article.htm

SIDANET: “Afrique centrale: les populations des forêts menacées par le VIH/SIDA” (mai 2007). Disponible: http://www.sidanet.asso.fr/webapps/komplete/index.php?KTURL=mod_article.html&page=996

SURVIVAL: “Les Pygmées”. Disponible: http://www.survivalfrance.org/peuples/pygmaes

UNESCO: “La forêt et les campements résidentiels de référence pygmée AKA de la République Centrafricaine”. Disponible: http://whc.unesco.org/en/tentativelists/4012/

UNESCO: “Scolarisation et alphabétisation des pygmées Aka”. Disponible: http://portal.unesco.org/geography/fr/

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Autre sites:

BAKA PYGMIES (Culture, music and rites of initiation in the Central African rainforest, par Mauro Campagnoli). URL: http://www.pygmies.info/

“THE BAKA FOREST PEOPLE”. URL: http://www.baka.co.uk/baka/

LA FORÊT DES PYGMÉES BAKA. URL: http://www.audiovisuel.ird.fr/fiches_film/baka.htm

LA VOIX BATWAS DES FORÊTS TROPICALES AFRICAINES. URL: http://www.heritiers.org/troncpygmies2.html

“PYGMÉES, L’ESPRIT DE LA FORÊT”, photos de Bernard DESCAMPS (1995 -1997). URL: http://bernard.descamps.revue.com/pygmees/index.shtml

FONDAF: Aide aux peuples indigènes du Cameroun, Pygmées Bagyeli et Bakola. URL: http://fondaf-bipindi.solidarites.info/pygmees.php

INFOPLUS GABON: “Déclaration des Pygmées d’Afrique Centrale au forum international d’Impfondo”. URL: http://www.infosplusgabon.com/article.php3?id_article=1368

IRIN: “CONGO: Limited success in struggle for pygmy integration”. URL: http://www.irinnews.org/InDepthMain.aspx?

LA MÉDIATHÈQUE: “LES PYGMÉES”. URL: http://www.lamediatheque.be/EDUCATION/pygmees/index.html

“LES PYGMÉES” vus par des élèves de CM1 CM2 de l’école Chanteraine de Savigny-le-Temple. URL: http://cyberechos.creteil.iufm.fr/cyber13/Ailleurs/pygmee/pygmees1.htm

LES PYGMÉES BAGYÉLI AU CAMEROUN. URL: http://parrainages.org/bipindi-pygmees-bagyeli.php3

“LES PYGMÉES SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE” (article de La Science d’ici et d’ailleurs, 2005). URL: http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2005/cap2006053.html

WIKIPEDIA. URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pygm%C3%A9e


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