Les Indiens de l’Amazonie péruvienne défendent leurs terres

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Depuis une dizaine de jours, des milliers d’Indiens de l’Amazonie péruvienne manifestent contre le gouvernement péruvien. Ils lui reprochent d’avoir promulgué des lois autorisant l’implantation d’industries sur leurs terres. Selon l’AIDESEP [1], qui a appelé à un mouvement de grève dans les régions amazoniennes, ces lois, que l’État péruvien a adoptées sans consulter les Indiens, bafouent les droits des peuples autochtones sur leurs terres et constituent une violation de la récente Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations-Unies. Les Indiens demandent notamment l’annulation des concessions pour l’exploitation des hydrocarbures, des minerais et du bois sur leurs territoires. Voici le communiqué de l’AIDESEP en date du 8 août 2008 :

Pueblos de la Amazonía inician Movilización Nacional Indefinida en defensa a los derechos a la vida

« Gran movilización de las comunidades y federaciones de la Amazonía se inicia mañana 09 de agosto, Día Internacional de los Pueblos Indígenas, en toda la Selva Peruana. Alberto Pizango, presidente de AIDESEP, afirma que movilización solo será levantada cuando el Gobierno Peruano acepte sus exigencias.

Los pueblos indígenas de la Amazonía peruana ponen en conocimiento del Perú y del mundo que vienen siendo víctimas de una sistemática violación por parte del Estado Peruano respecto a los derechos fundamentales que tienen sobre los territorios, heredados con orgullo por sus ancestros de manera generosa, para que se configure este país hoy llamado Perú.

El responsable de todos estos atropellos es el actual Presidente de la República, Alan García Perez, quien utilizando las facultades legislativas brindadas por el Congreso al Ejecutivo para implementar el TLC, violentó la Constitución Política del Perú y los tratados internacionales que protegen los derechos de los pueblos indígenas, a través de 38 Decretos Legislativos que vulneran los territorios comunales de los pueblos indígenas peruanos.

Teniendo en cuenta que con este accionar el Estado Peruano, a través de su máximo representante, optó por posicionarse al margen de la ley, queremos informar públicamente que a partir de este SABADO 09 de agosto se dará inicio a una GRAN MOVILIZACIÓN NACIONAL INDEFINIDA, en donde participan todas las federaciones y organizaciones indígenas de la Amazonía peruana.

“Y esta medida de lucha solo será levantada cuando el gobierno peruano ponga fin a esta ola de abusos y acepte llevar a cabo nuestras exigencias”, aseguró Alberto Pizango Chota, presidente de AIDESEP.

Asimismo, el dirigente nacional alertó el despliegue de las fuerzas policiales y militares en la selva peruana, situación que podría provocar consecuencias lamentables.

Del mismo modo, las exigencias que demandan los pueblos indígenas de la Amazonía son:

1. Derogación del D. Leg. N° 1073 (antes N° 1015) y de los 38 Decretos Legislativos que vulneran los territorios de los pueblos indígenas amazónicos y de las comunidades campesinas de la costa y sierra.

2. Restablecimiento el carácter inalienable, inembargable e imprescriptible y los derechos colectivos en los territorios indígenas tal como establece la constitución de 1979.

3. Cumplimiento del Convenio 169 de la OIT y el cumplimiento de los demás puntos de la demanda de lucha de los pueblos indígenas del país ».

ICRA International nous apprend que les manifestations ont débuté le 9 août avec l’occupation d’une centrale électrique par des membres de l’ethnie Awajun :

« Armés de lances et de flèches, des centaines de manifestants ont forcé l’entrée d’une centrale hydroélectrique dans la province de Bagua (nord-est), a indiqué à l’AFP un ingénieur de la compagnie publique Electro Norte. […] Dans le cadre de ce mouvement, des dizaines d’indiens ont lancé une action de blocus routier dans la région de Cusco (sud-est), où se trouve le gisement gazier de Camisea, l’un des plus importants du pays. Une embarcation de l’entreprise argentine Pluspetrol, qui exploite le site, a été prise d’assaut par les manifestants, a indiqué l’agence officielle Andina ».

Ces actions ont amené le gouvernement péruvien à instaurer l’état d’urgence dans les provinces orientales de Bagua, Utcubamba et Datem del Maranon, ainsi que la région de Echarate, dans le sud du pays. À la suite de ces évènements, comme nous le rapporte Survival, la commission du Congrès péruvien sur l’environnement, l’écologie et les peuples autochtones, a proposé un texte abrogeant deux des lois les plus controversées. L’AIDESEP a aussitôt appelé à la suspension du mouvement de protestation et des négociations sont en cours avec le gouvernement.

Comment va réagir maintenant le gouvernement péruvien? Le dialogue est indispensable. Le développement de l’Amazonie ne doit pas nécessairement reposer sur une exploitation des ressources naturelles, énergétiques et minières, et, surtout, cela ne peut pas se faire au détriment des peuples qui l’habitent. Les droits fondamentaux des peuples autochtones doivent en effet être respectés et la voie d’un développement réellement durable doit être privilégiée.

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[1] L’AIDESEP, l’Association Inter-ethnique pour le développement de la forêt péruvienne, est une organisation qui défend les droits et les intérêts des peuples autochtones de l’Amazonie péruvienne. Les photos de cet article sont la propriété de l’AIDESEP.



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