La parenté au Pays basque
Samedi denier, repas de famille à Bergara, dans les locaux d’une sociedad, c’est-à-dire l’une de ces sociétés gastronomiques que l’on appelle aussi txoko en Biscaye. Les oncles maternels d’Ainhoa, membres de la sociedad, invitent le reste de la famille à dîner et rôtissent pour l’occasion deux agneaux de la ferme. L’occasion de réviser ici les termes de parenté en euskara et de s’interroger sur leur signification. L’euskara adopté ici est celui d’Aretxabaleta (Gipuzkoa).
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La filiation.
Le mot pour désigner les parents n’est pas construit à partir du mot “père“, comme en français ou en espagnol, mais se dit gurasoak. Aitxa ou aita (aitxe à Aramaiona, à quelques kilomètres d’Aretxabaleta) est le père tandis que ama est la mère (on peut d’ailleurs soupçonner une influence indo-européenne dans ce ama). Le mot composé seme-alabak désigne les enfants, seme étant “fils” et alaba “fille”. Sur le même modèle, les grands-parents (aitona-amona) sont aitona (le grand-père) et amona (la grand-mère). Quant aux petits-enfants, ils s’appellent indifféremment biloba, qu’il s’agisse d’un petit-fils ou d’une petite fille. Enfin, les beaux parents sont désignés par le terme aitamaginarrebak: lire à ce sujet l’article très intéressant de Jean HARITSCHELAR.
La fratrie.
Comme pour les parents, l’euskara ne masculinise pas pour désigner la fratrie et utilise le mot composé anai-arreba (frère-soeur) ou parfois le terme aurride (co-enfant). Les enfants se désignent différemment selon les rapports qu’ils ont entre eux. Ainsi, il existe deux mots pour “soeur”: arreba pour la soeur d’un frère et ahizpa quand il s’agit de deux soeurs entre elles. En Gipuzkoa, anaia est employé indifféremment pour le frère d’un frère ou d’une soeur tandis qu’en Biscaye, le mot neba désigne le frère par rapport à la sœur.
Les collatéraux.
Osaba est l’oncle et izeba est la tante. Comme les petits-enfants, les neveux et nièces ne sont pas distingués par leur sexe et répondent au nom générique de loba. Lehengusu (cousin) et lehengusina (cousine) sont deux mots où l’on peut reconnaître le préfixe lehen (“premier”): ils désignent les cousins germains.
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- Publié :
- 18 septembre 2008 / 13:06
- Catégorie :
- Basquitude, Langues et diversité linguistique
- Mots-clefs :
- Basquitude, Pays Basque, Euskara, Parenté, Jean Haritschelhar, Filiation, Txoko, Fratrie, Collatéraux, Matrilocalité
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