L’origine des Pygmées

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Un article de Javier SAMPEDRO, paru le 10 avril dans le quotidien El País, nous explique qu’une étude génétique a permis d’établir que les différents groupes de Pygmées éparpillés en Afrique équatoriale descendent d’une seule et même population.

Todos los pigmeos descienden de una misma población

La investigación genética zanja uno de los más viejos debates de la antropología

Todas las tribus de pigmeos, que viven en distintas zonas por toda África central, descienden de una sola población común. Dicha población lleva separada de sus vecinos agricultores cerca de 60.000 años, que es tanto como lo pueda estar una población humana de otra (es lo que separa a un sueco de un aborigen australiano, por ejemplo).

Un estudio internacional coordinado por Lluis Quintana-Murci, del Instituto Pasteur de París, y publicado hoy en PLoS Genetics, zanja así uno de los más viejos debates de la antropología; los pigmeos tienen un origen común, es decir, que sólo evolucionaron una vez.

A diferencia de las poblaciones vecinas de agricultores y ganaderos, los pigmeos son cazadores-recolectores que deambulan por las selvas tropicales africanas. Los científicos del Pasteur y de las Universidades de Pavia, Yale y Santiago, han analizado el ADN de 12 poblaciones de la franja tropical del continente que representan sus dos grandes grupos geográficos, los pigmeos del este y del oeste. Las 12 revelaron un origen común hace 20.000 años.

“Es evidente que algo pasó hace 60.000 años”, dice el científico mallorquín Quintana-Murci desde su laboratorio del Instituto Pasteur. “Primero, fue justo cuando el ser humano moderno se extendió por toda África; segundo, fue la fecha de su primera migración desde África por el sur de Asia hasta Australia, como mostró nuestro propio grupo hace 10 años. Y ahora vemos que fue también cuando empezó en África la divergencia entre los pigmeos y sus actuales vecinos agricultores”, continúa.

La hipótesis alternativa era que los pigmeos de unas zonas y otras fueran un caso de convergencia evolutiva, es decir, adaptaciones independientes al estilo de vida de cazadores-recolectores y al clima de los bosques tropicales. Venía reforzada por el hecho de que los pigmeos tienen lenguajes distintos. Pero los nuevos datos la descartan por completo, e implican que los pigmeos -grupo étnico que se caracteriza por tener en la edad adulta una estatura inferior a 1,50 metros, piel muy oscura y cabello rizado- han adoptado la lengua de sus vecinos actuales o pasados.

Pigmeo no es exactamente un término técnico. “A menudo tiene connotaciones racistas”, explica Quintana-Murci. “El racismo no es sólo de blancos contra negros; los pigmeos suelen sufrirlo de sus vecinos agricultores”. Además, también se denomina pigmeos a varios pueblos del sur de Asia, de piel oscura y corta estatura, no incluidos en el estudio. “No creo que los denominados pigmeos de Indonesia y Filipinas tengan un origen común con los africanos”, dice Quintana-Murci. “Es más probable que, es este caso, sí se trate un fenómeno de convergencia, adaptaciones independientes al mismo estilo de vida, pero de cualquier forma no tenemos datos sobre ellos”.

Varios tipos de evidencia indican que el África subsahariana fue repoblada recientemente, hace unos 4.000 años, en una gran oleada migratoria originada en la zona de Nigeria y Camerún. Esta oleada extendió por el continente los lenguajes bantúes, el sedentarismo y la agricultura. Las poblaciones aisladas y separadas de pigmeos, como las de bosquimanos (los san, los hadzabe), son las islas de antiguos pobladores africanos que persisten en el océano bantú.

“La agricultura y el ganado implican la coexistencia con una nueva batería de agentes patógenos”, explica Quintana-Murci. “Lo que estamos haciendo ahora es comprobar si los genes del sistema inmune difieren entre los pigmeos y sus vecinos agricultores”. Sería una fuerte prueba de adaptación genética.

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Ce thème avait déjà été abordé le 24 février dernier dans un article de Pierre KALDY paru dans le Figaro:

L’origine des Pygmées révélée par une étude génétique

Aujourd’hui répartis en une multitude de peuplades très différentes les unes des autres, les Pygmées de l’Afrique de l’Ouest auraient eu un ancêtre commun il a plus de 54 000 ans.

Les Pygmées, qui doivent leur nom à leur petite taille, comprise entre 1,40 m à 1,60 m suivant les régions, sont des chasseurs-cueil­leurs disséminés en une mosaïque de peuplades dans toute l’Afrique équatoriale. Jusqu’à présent leur origine restait un mystère, car ces hommes n’ont pas de langue propre, ni de mythe fondateur, ni mê­me une connaissance des uns et des autres qui pourrait suggérer une lointaine histoire commune.

Pour reconstituer les fils ténus qui subsistent entre les populations actuelles, huit laboratoires du CNRS, du Muséum national d’histoire naturelle, de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de l’Institut Pasteur se sont livrés à une patiente étude que vient de publier la revue Current Biology. Les chercheurs ont pu établir un modèle historique de pa­renté entre 604 personnes du Ca­meroun, du Gabon et du Congo, dont des Pygmées Baka, Koya, Bongo, Bezan et Kola, en étudiant une vingtaine de leurs marqueurs génétiques. «Grâce à un programme informatique mis au point par l’équipe d’Arnaud Estoup à l’Inra de Montpellier, nous avons pu tester plusieurs millions de possibilités d’évolution historique, indique Paul Verdu, chercheur au Musée de l’homme, à Paris et premier au­teur de l’étude. Le scénario le plus compatible avec la situation génétique actuelle montre une origine commune de tous les Pygmées de l’Ouest, qui remonte à plus de 54 000 ans, et le début de leur fragmentation en divers peuplements il y a environ 2 800 ans.»

La forte influence de l’habitat

Cette dernière date correspond à la révolution du néolithique qui a introduit l’agriculture et la langue bantoue dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne. «La création de routes et l’émergence de nouveaux modes de vie liés à ce bouleversement ont alors pu isoler progressivement les populations pygmées dans leur habitat d’origine, qui était et reste le plus souvent la forêt», précise Paul Verdu. Et cette marginalisation se poursuit encore actuellement en Afrique.

En effet, si les femmes pygmées se marient parfois à l’extérieur de leur groupe avec des hommes de plus grande taille, les préjugés raciaux font qu’elles reviennent le plus souvent vivre au sein de leur communauté d’origine avec des enfants métissés. De leur côté, les ethnologues soulignent que le mode de vie, la relation très forte des Pygmées avec leur habitat na­turel deviennent des handicaps pour vivre dans les sociétés plus urbanisées qui les entourent. «Cette fragmentation des Pygmées ex­plique pourquoi nous observons maintenant de telles différences génétiques entre des populations distantes de quelques dizaines de kilomètres, ajoute Paul Verdu. La dérive génétique a fait que leurs membres sont parfois plus éloignés entre eux qu’un Européen ne l’est d’un habitant d’Asie centrale !»

Des recherches génétiques si­milaires sont en cours sur d’autres peuples pygmées, installés plus à l’est, entre le Soudan et la Zambie, pour déterminer si certains d’entre eux peuvent encore être les lointains héritiers de populations distinctes ayant évolué d’une manière convergente ou si tous les Pygmées africains descendent d’un ancêtre commun.

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