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J’avais déjà évoqué dans un article précédent le conflit qui oppose les Indiens de l’Amazonie péruvienne au gouvernement du Pérou. Le problème est aujourd’hui loin d’être résolu: les Indiens dénoncent toujours ces décrets qui facilitent l’installation de compagnies pétrolières sur leur territoire. De son côté, le gouvernement péruvien, en privilégiant la logique économique, continue de nier les droits des Indiens sur leurs terres. La vidéo suivante, produite par la Sociedad Peruana de Derecho Ambiental , résume bien la situation.
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Le 14 mai, le gouvernement péruvien a déclaré l’état d’urgence dans plusieurs régions d’Amazonie suite à des manifestations indigènes contre des concessions accordées à des compagnies pétrolières. Ainsi, comme nous l’apprend Survival International, une compagnie pétrolière canadienne vient de signer un accord avec le gouvernement péruvien pour prospecter un territoire habité par un groupe d’Indiens isolé:
La compagnie Petrolifera a obtenu l’autorisation de prospecter près de 4000 km2 d’une région reculée du Pérou où vivent les Indiens isolés Cacataibo. Deux ONG locales, l’Instituto del Bien Comun (IBC) et la FENACOCA avaient demandé au gouvernement de convertir cette région en une réserve pour les Indiens. Les Indiens Cacataibo ont été séparés en deux groupes distincts suite à construction, dans les années 1940, d’une route reliant l’amazonie à la capitale péruvienne, Lima.
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En signe de protestation, les Indiens ont érigé des barrages sur les rivières et les routes du nord du Pérou pour en bloquer l’accès. Comme on peut le voir avec la vidéo ci-dessous, diffusée le 12 mai par Enlace Nacional, un programme péruvien d’informations locales, les Indiens avaient bloqué une quarantaine de bateaux sur les rivières Ucayali y Tambo.
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C’est dans ce climat de tensions croissantes que le gouvernement péruvien a donc décidé de décréter un état d’urgence localisé. Dix Indiens ont été grièvement blessés à la suite de heurts avec les forces armées. Survival International nous explique notamment dans une dépêche que “suite au barrage érigé par les Indiens, une canonnière des forces armées péruviennes et trois bateaux appartenant à la compagnie pétrolière franco-britannique Perenco ont franchi la barrage en faisant chavirer plusieurs canoës des manifestants. Le gouvernement et des communautés indiennes du Pérou amazonien se rencontraient cette semaine sur fond de tensions croissantes dans le nord-est, ou un état d’urgence localisé a été décrété après des manifestations indigènes contre des concessions pétrolières”.
Le 15 mai, Alberto PIZANGO, le président de l’AIDESEP (1), la principale organisation indigène, a dénoncé l’état d’urgence qu’il considère comme un “acte d’ agression”. “Le gouvernement, et pas seulement celui-ci, nous a toujours traités comme des citoyens de second rang”, a-t-il déclaré à l’AFP. Lors de la même conférence de presse, il a déclaré l’état d’insurrection des Indiens:
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La tension est donc est à son comble mais une dépêche de l’AFP nous apprend aujourd’hui que les Indiens se sont engagés finalement à respecter la loi:
Dans un compromis passé avec l’organisme médiateur des Droits de l’homme, la Defensoria del Pueblo, l’Association interethnique de développement de la forêt péruvienne (AIDESP), principal collectif d’Indiens des régions amazoniennes, a consenti à lever son appel à «l’insurrection» et à poursuivre ses protestations «dans le cadre de l’Etat de droit».
Samedi le gouvernement a autorisé par décret l’intervention de l’armée en renfort de la police, pour «garantir le fonctionnement des services essentiels», dans certains districts du nord-est où les communautés indiennes ont mené des actes de protestation et de blocus de certains services.
Dimanche dernier il avait décrété l’état d’urgence pour 60 jours, marque d’une tension croissante avec les populations indiennes. Celles-ci réclament l’abrogation de décrets de 2007 et 2008 facilitant, selon elles, l’exploitation du sous-sol, des forêts et de l’eau.
Le président, Alan Garcia, a dénoncé samedi le dirigeant de l’AISDEP, Alberto Pizango, et réaffirmé que «les terres de l’Amazonie appartiennent à tous les Péruviens et pas à un petit groupe».
La Defensoria s’est engagée auprès des indiens à étudier la conformité des décrets de 2007 et 2008 avec la Constitution et à promouvoir une loi-cadre sur un processus de consultation lors de l’octroi des concessions minières, une des principales réclamations des communautés indiennes.
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Espérons maintenant que le gouvernement péruvien aura un peu plus de considération pour les Indiens et qu’il reviendra sur cette loi qui permet aux compagnies pétrolières, minières et forestières d’acquérir leurs terres, ce qui a pour effet de les obliger à émigrer.
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(1) L’AIDESEP (Asociación Interétnica de Desarrollo de la Selva Peruana) représemte 65 ethnies, réparties en 1.350 communautés regroupant 600.000 indigènes sur la partie amazonienne orientale du Pérou.