Émeutes ethniques au Xinjiang
.
Que s’est-il passé au Xinjiang?
Le 5 juillet, la province chinoise du Xinjiang est secouée par de violentes émeutes qui auraient fait 156 morts et près d’un millier de blessés selon l’agence officielle Chine nouvelle. Le réseau télévisé public CCTV s’est empressé de diffuser les images ci-dessus, où l’on voit des véhicules incendiés et des membres de l’ethnie Han blessés après avoir été attaqués par des Ouïgours. Très vite, les autorités chinoises et les manifestants se sont livrés à une bataille des images si bien que, dans la vidéo qui suit, on se rend compte que les manifestants ouïgours sont nombreux à Urumqi, ce qui ne se voyait pas sur les images officielles. Ils semblent défiler pacifiquement pour demander l’ouverture d’une enquête sur le lynchage de deux ouvriers ouïgours qui avaient émigré dans le district de Shaoguan pour travailler dans une usine près de Canton.
.
Toujours est-il qu’avec cette crise, les autorités chinoises ont choisi de tester une nouvelle stratégie médiatique, qui contraste avec la gestion l’an dernier de la crise tibétaine, comme le souligne Arnaud de LA GRANGE dans son blog. Dès dimanche, nous étions informés et les dépêches de l’AFP, reprises par Le Monde ou Le Figaro, nous parlaient des mêmes scènes de violences, de civils ensanglantés et de bus carbonisés, et reprenaient les accusations formulées à l’encontre de la dissidence ouïgoure en exil, et notamment le Congrès mondial ouïgour de Rebiya KADEER. Car, en jouant sur la liberté de l’information, les autorités en profitent pour faire passer leur message, en mettant en avant les victimes Hans et en désignant des coupables. Pour mieux justifier la répression à venir? Les propos du président du gouvenement régional, que tous les quotidiens ont reproduits, permettent de le supposer:
“Le Xinjiang prendra les mesures les plus fortes pour empêcher la situation de s’étendre à d’autres régions et pour préserver la stabilité”, a dit lundi Nur Bekri, le président de la région autonome, dans un discours musclé. “Les forces de sécurité et la police armée doivent renforcer leur contrôle sur Urumqi et la poursuite des éléments criminels, et traiter fermement et résolument les nouveaux actes de destruction”, a-t-il ajouté.
Alors que des centaines de personnes ont été arrêtées et que les autorités chinoises ont promis des “punitions sévères”, Bernard KOUCHNER, ministre français des Affaires étrangères, interrogé le 9 juillet sur France Info, confondait Ouïgours et yoghourts. La bourde n’a pas échappé à l’équipe de Rue89 qui a mis la vidéo en ligne. Le ministre semble bien embarrassé: il bafouille, tourne autour du pot comme s’il ne maîtrisait pas son sujet et s’obstine dans son lapsus, ce qui nous vaut des déclarations surréalistes du genre: «C’est une province chinoise, certes, mais les yoghourts ont toujours pensé que c’était chez eux», «Les yoghourts sont des musulmans plutôt ouverts». D’accord, on ne peut pas reprocher au ministre de ne pas savoir prononcer le nom de toutes les ethnies du monde. Mais il n’a vraiment pas préparé son interview et improvise des platitudes affligeantes: les émeutes seraient des «affrontements presque traditionnels» ou encore «c’est un grand pays la Chine, et lorsqu’il y a des affrontements de ce genre ça fait beaucoup beaucoup de blessés et de morts». Comme si le nombre de victimes, lors d’affrontements, était proportionnel à la taille du pays! Avec ce genre de raisonnement, ne pourrait-on pas revoir à la baisse le chiffre des victimes du génocide dans un aussi petit pays que le Rwanda?
Trêve de plaisanterie. Ce n’est pas la première fois que de tels incidents éclatent au Xinjiang. Ils traduisent le malaise grandissant entre les Ouïgours – ethnie majoritaire et musulmane – et les autorités chinoises. Mais la cause du Xinjiang n’est pas aussi médiatique que celle du Tibet: les Ouïgours n’ont pas une figure charismatique comme le Dalaï-Lama. C’est sans doute pour cela qu’on peut les confondre avec les yoghourts.
.
Le Xinjiang, périphérie contestée.
Le Xinjiang (autrefois appelé Turkestan oriental) compte aujourd’hui 21 millions d’habitants, parmi lesquels on trouve plus de 8 millions de Ouïgours. Les Ouïgours, peuple musulman d’origine turque, se sont sans doute sédentarisés dans cette région au VIIIème siècle. Cela explique que le Xinjiang soit, après l’Ouzbékistan, le second foyer de peuplement turcophone musulman en Asie centrale. Au cours de l’histoire, les relations avec les Chinois ont été souvent tumultueuses. Comme Thierry KELLNER, de l’Institut universitaire de hautes études internationales à Genève, le souligne dans une interview accordée au journal Le Monde, le Xinjiang est en effet une périphérie contestée:
Une province qui a souvent échappé au contrôle de Pékin. Les dynasties chinoises ont imposé leur contrôle sur le Xinjiang, mais toujours de façon intermittente. La culture des habitants du Xinjiang est plus centrasiatique que chinoise. D’origine turco-iranienne, ils sont musulmans et leur langue vient du turc. La Chine n’a fait la conquête militaire du Turkestan qu’au XVIIIe siècle. Après l’arrivée des communistes au pouvoir, en 1949, les Ouïgours ont eu l’impression que la politique de Pékin est devenue nettement plus favorable aux Chinois Hans. Il y a aujourd’hui dans la province une nette différence de revenus entre les Ouïgours et les Hans. Les Hans ont le pouvoir. Ces manifestations sont une traduction du malaise qui persiste avec les Ouïgours.
N’hésitant pas à manipuler l’histoire, Pékin a mis en place un puissante propagande de façon à montrer que le Xinjiang a toujours fait partie de la Chine. En réalité, la conquête définitive n’eut lieu qu’en 1884 sous la dynastie mandchoue des Qing. Les Chinois changèrent alors le nom du Turkestan oriental pour l’appeler Xinjiang, c’est-à-dire “nouvelle frontière”. Dans les années 1920, le gouverneur chinois menait néanmoins une politique très indépendante du pouvoir central et il fallut attendre la prise de pouvoir par les communistes pour que, après 1949, la Chine maoïste impose son autorité sur ce qui deviendra, en 1955, la “région autonome ouïgoure du Xinjiang”. Pour Pékin, cette région est d’une importance capitale: c’est non seulement un territoire stratégique pour des raisons économiques, car il est riche en hydrocarbures, mais aussi géopolitiques, avec 5 000 kilomètres de frontières avec huit pays (l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan, le Tadjiskistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, al Russie et la Mongolie).
.
Aujourd’hui, si les 8 millions d’Ouïgours forment la principale composante de la population du Xinjiang, leur part n’a cessé de diminuer depuis 1949: à l’époque, ils représentaient 75% de la population. Aujourd’hui ils n’en représentent plus que 45%. À l’inverse, les Hans, qui composent l’ethnie majoritaire en Chine, ont vu leur population augmenter considérablement: ils sont plus de 7 millions au Xinjiang (40% de la population) alors qu’ils n’étaient que quelques centaines de milliers en 1949. Cette évolution démographique est bien entendu la conséquence du processus de colonisation massif planifié par Pékin.
Les Ouïgours se plaignent de cette colonisation du Xinjiang par les Chinois. Leur sentiment identitaire est très fort. Outre la sinisation de leurs terres, ils dénoncent encore la répression politique et religieuse menée selon eux par la Chine, sous le couvert de lutte antiterrorriste. Ainsi, depuis une vingtaine d’années, on assiste à un renouveau du nationalisme ouïgour et à une certaine réislamisation des populations musulmanes, si bien que les troubles se sont multipliés. Les autorités ont pris peur et, au début des années 90, ont réprimé tout ce qui ressemblait à une vélléité d’indépendance. Cela a contribué à radicaliser la contestation. Pour que l’on parle de la situation du Xinjiang, les nationalistes Ouïgours ont commis des attentats, notamment à Kashgar en août 2008, à la veille des Jeux olympiques. Mais le Xinjiang n’est pas le Tibet et l’écho médiatique a été très faible. L’engagement djihadiste des Ouïgours, marginal, est devenu le principal argument des chinois contre l’opposition ouïgoure.
.

Chine : population et richesses du Xinjiang (carte de Philippe Rekacewicz — Le Monde Diplomatique, février 2002)
.
Quelles sont les causes de ces émeutes?
Ces émeutes sont la traduction du malaise qui persiste entre les Hans, l’ethnie chinoise majoritaire, et les Ouïgours. Dans une interview accordée au Figaro, le sinologue Jean-Luc DOMENACH nous explique que les émeutes d’Urumqi résultent avant tout de la main-mise de Pékin sur le Xinjiang:
«Les Ouïgours sont détestés des Chinois»
Recueilli par Bastien Hugues | 08/07/2009 |
[...]
Pourquoi les Ouïgours et les Hans s’affrontent-ils aujourd’hui ?
Il y a déjà eu de très nombreuses révoltes de la part des Ouïgours, notamment au début et à la fin des années 60 et au début des années 90, parce que leur sentiment identitaire est particulièrement fort. En fait, il y a un esprit de résistance des Ouïgours depuis que les Chinois les Hans colonisent le Xinjiang. Dans les années 1940, il y a même eu une République ouïgoure du Turkestan, indépendante de la Chine. Aujourd’hui, cette résistance est d’autant plus forte que les Ouïgours ont le sentiment que la progression de l’économie chinoise se fait à leurs dépens et facilite une domination croissante des Chinois sur leur population.
Que représente le Xinjiang pour Pékin ?
Cette région constitue un véritable enjeu de sécurité publique pour les autorités chinoises, puisqu’il s’agit d’un très vaste espace, situé au centre d’une zone très fragile près du Tadjikistan, du Kirghizstan ou de l’Ouzbékistan, et où se font notamment les essais nucléaires chinois.
Les liens que Pékin dresse entre les Ouïgours et le terrorisme islamiste sont-ils crédibles ?
Absolument pas. Ce sont des histoires. Pour beaucoup de pouvoirs en place, il est toujours facile d’établir un lien entre les résistances ethniques et le terrorisme. En réalité, seuls quelques Ouïgours ont intégré les rangs d’al-Qaida, mais il s’agit de cas extrêmement minoritaires. En général, les Ouïgours sont d’ailleurs d’un islam très modéré. [...]
Est-ce que les Chinois comprennent cette révolte ouïgoure?
Les Ouïgours sont détestés en Chine. Un peu comme les gens du voyage chez nous, ils ont mauvaise réputation, ils sont souvent accusés d’être des brigands, des voleurs… Du coup, je ne suis pas sûr qu’il y ait une grande solidarité envers les Ouïgours de la part des Chinois, et notamment de la part de la jeunesse chinoise, qui connaît actuellement une véritable explosion de nationalisme.
.
En fait, ces événements sont surtout liés à la situation économique. La situation du Xinjiang est comparable à celle du Tibet: les fruits du développement économique de la Chine, lié à la mondialisation, échappent aux minorités ethniques au seul profit de l’ethnie Han. Les Ouïgours, qui se sentent déjà dépossédés de leurs terres, ont le sentiment plus général d’être marginalisés. Comme le montre Rémi CASTETS dans une excellente étude intitulée Opposition politique, nationalisme et islam chez les Ouïghours du Xinjiang (CERI, 2004), les Ouïghours sont exclus du partage des richesses parce qu’ils ont plus difficilement accès à l’éducation:
Le processus de colonisation a renforcé des inégalités socio-économiques sources elles aussi de rancoeurs. En effet la colonisation tend, par un processus complexe, à exclure les minorités nationales du Xinjiang du partage des richesses générées par la mise en valeur de la région. Certes, l’Etat central est conscient qu’il est important d’impliquer les minorités nationales dans le développement économique régional afin d’assurer la stabilité du Xinjiang. Depuis le lancement en janvier 2000 de la campagne « d’ouverture du Grand Ouest » (Xibu dakaifa), les autorités chinoises ont accordé une attention toute particulière à la RAOX. Depuis 1949 et a fortiori au cours des dernières années, la région a bénéficié d’importants investissements dans les transports et dans le secteur industriel. Cette région, autrefois dépourvue d’industrie et parmi les plus pauvres de Chine, est ainsi aujourd’hui au sein des provinces du « Grand Ouest » chinois celle qui dispose du PIB par habitant le plus élevé. Elle a connu au cours de la période 1978-2000 un taux de croissance supérieur à la moyenne chinoise. Parmi les 31 unités administratives de niveau infra-étatique, elle se classe désormais au 12e rang en terme de PIB par habitant. Cependant, ces données macroéconomiques encourageantes cachent de fortes inégalités qui s’articulent le long de lignes ethniques et qui entretiennent le ressentiment ouïghour. Certes, les Ouïghours bénéficient dans une certaine mesure du dynamisme économique de la région et des différentes améliorations du cadre de vie qu’il implique. Mais les investissements, dirigés en priorité vers les zones de colonisation, ont à leurs yeux surtout profité aux colons hans. En effet, le produit intérieur brut par habitant dans les zones de peuplement han reste largement supérieur à celui des zones où les Ouïghours sont encore majoritaires. La faiblesse du PIB par habitant dans le bassin du Tarim où se concentrent les trois quarts de la population ouïghoure du Xinjiang laisse supposer qu’une part importante des familles dispose de revenus inférieurs au seuil de pauvreté chinois, et a fortiori au seuil fixé par les organismes internationaux.
Parallèlement, ces différences de revenus s’articulant le long de lignes ethniques sont à l’origine d’un accès inégal au système éducatif. Ces inégalités d’accès à l’enseignement, elles-mêmes exacerbées par les handicaps linguistiques dont souffrent les Ouïghours, viennent en retour renforcer cette stratification socio-économique. En effet, le processus de modernisation que connaît la région se fait sur la base d’une intégration économique croissante avec la Chine. Compte tenu du rôle dominant des Hans dans l’économie et l’administration, il est capital de maîtriser le mandarin pour accéder à des postes de responsabilité. Concrètement, les jeunes élèves ouïghours ont le choix entre suivre les «classes ouïghoures» où l’enseignement est effectué essentiellement en ouïghour, et les «classes chinoises» en zone d’habitat mixte où l’enseignement est effectué en mandarin. Même si les «classes chinoises» sont plus coûteuses, les élites ouïghoures qui maîtrisent souvent elles-mêmes le mandarin envoient fréquemment leurs enfants dans les classes chinoises pour leur garantir de meilleures chances de réussite professionnelle. Cependant, compte tenu des risques d’acculturation que représente ce type de démarche, et de la compartimentation assez stricte de l’habitat han et ouïghour, mais aussi parce que dans les zones ouïghoures rurales reculées ce type de classe n’existe pas, la plupart des familles ouïghoures envoient leurs enfants dans les « classes ouïghoures » à proximité de leur domicile. Ainsi, beaucoup de jeunes, en dépit de l’existence de cours de (et en) mandarin dans les « classes ouïghoures », ne maîtrisent pas le chinois à la fin de leur scolarité. Récemment, les autorités régionales ont entamé la mise en place d’un programme visant à développer le bilinguisme mandarin/langue nationale chez les minorités. Néanmoins, ce programme qui multiplie les enseignements en mandarin, voire remplace ceux en ouïghour dans l’enseignement supérieur, est vécu comme l’expression d’un processus de modernisation qui, à l’initiative de Pékin, se fait sur la base d’une acculturation. Au-delà de ces handicaps linguistiques, l’incapacité des populations les plus pauvres à financer les études de leurs enfants contribue à bloquer une large partie de la population ouïghoure aux échelons les plus bas de la société. Théoriquement, via l’attribution de points supplémentaires aux concours d’entrée à l’université, le système éducatif chinois est censé faciliter l’ascension sociale des minorités. Mais, en dépit d’une augmentation certaine des taux de scolarisation depuis 1949, avec le délitement du filet social chinois, une certaine aisance financière est nécessaire pour poursuivre des études. Les frais de scolarité sont en constante augmentation et il est de plus en plus difficile d’obtenir des bourses scolaires. Bien qu’il y ait eu une amélioration des conditions de scolarisation dans les districts urbains les plus favorisés, les familles les plus pauvres continuent de restreindre la durée de scolarisation de leurs enfants dans les zones rurales les plus reculées. Alors que les familles hans plus riches et souvent citadines peuvent faire suivre à leurs enfants des études plus longues et dans de meilleurs établissements, les enfants des minorités nationales moins aisées quittent en masse le système scolaire entre le collège et le lycée, ce qui nuit à leur niveau de qualification. Ces différences de capital scolaire conjuguées à une embauche souvent discriminatoire dans le privé perpétuent au cours des décennies une stratification socioprofessionnelle dans laquelle les Ouïghours sont pénalisés par rapport aux Hans. Les minorités nationales au Xinjiang continuent d’être surreprésentées au bas de l’échelle socioprofessionnelle et les Hans surreprésentés dans les échelons les plus élevés. Ainsi, alors que les minorités nationales constituaient près de 54 % de la population au Xinjiang en 1990, elles représentaient plus de 76 % des travailleurs agricoles (contre 69,4 % en 1982, pour près de 52,8 % de la population totale à l’époque), moins de 41 % des effectifs des professions libérales et techniques et moins de 30 % des directeurs et administrateurs.
Au quotidien, ce déclassement des Ouïghours se traduit par des conditions de vie précaires aggravées par la quasi-inexistence de système de protection sociale en Chine. Selon le recensement de 1990, le taux de mortalité infantile chez les minorités nationales au Xinjiang était 3,6 fois plus important que celui des Hans et leur espérance de vie était de 62,9 ans contre 71,4 ans pour les Hans du Xinjiang. Parallèlement, le sous-emploi chez les jeunes Ouïghours a conduit à une augmentation de la criminalité et de la consommation de drogue, allant de pair avec une explosion des cas de sida.
.
Pour conclure, les Ouïgours ont accumulé un sentiment de frustration et de révolte. D’abord, ils se sentent dépossédés de leurs terres par les Chinois de l’ethnie Han qui ont afflué au cours des dernières décennies pour s’installer au Xinjiang. Les richesses du sous-sol, telles que le gaz et le pétrole, sont exploitées pour soutenir la croissance économique et répondre à la consommation grandissante des Chinois. Parmi les régions intérieures de la Chine, qui sont en général rurales et pauvres, alors que les espaces littoraux sont économiquement dynamiques, ouverts aux capitaux étrangers grâce à des zones économiques spéciales, le Xinjiang s’est bien développé, notamment grâce à une politique d’investissements conduite par Pékin. Mais les Ouïgours n’en tirent aucun avantage. Ils se sentent ainsi écartés des bénéfices de la mondialisation. Le renouveau de leur sentiment nationaliste, avec ce que cela signifie de revendications identitaires, est alimenté non seulement par les rancoeurs à l’égard des Hans mais aussi par les inégalités qui persistent: concentrés dans les zones rurales (il est d’ailleurs curieux que les émeutes aient éclaté dans la capitale Urumqui où les Ouïgours ne représentent que 10% de la population), moins scolarisés, moins bien formés, largement minoritaires dans les professions libérales et dans l’administration et ayant une espérance de vie plus courte, les Ouïgours apparaissent en effet comme une véritable une population de déclassés.
.
À lire sur le web:
Sur le site de Rue89: Au Xinjiang, les Ouïgours résistent à la colonisation (06/07/2009)
Dossier spécial d’Aujourd’hui la Chine sur les violences du Xinjiang
Blog.mondediplo.net/2009-07-07-Révolte des Ouïgours de l extrême Ouest chinois
Le Monde: Un irrédentisme ouïgour attisé par la colonisation_(07/07/2009)
http://www.chine-informations.com/guide/ethnies-chinoises_131.html
[Article mis à jour le 14 juillet 2009]
About this entry
You’re currently reading “Émeutes ethniques au Xinjiang,” an entry on No future ?
- Published:
- 6 juillet 2009 / 15:32
- Category:
- Asie, Cartes, Frontières, Mondialisation, Nationalismes, Revue de presse

No comments yet
Jump to comment form | comments rss [?] | trackback uri [?]