L’anarchie dans les villes algériennes

Les villes d’Algérie, comme nombre de villes de pays en voie de développement,  souffrent du désordre et de l’incivilité de leurs habitants. Dans un article paru le 24 août dernier dans le quotidien algérien El Watan, le sociologue Nacer DJABI, qui enseigne la sociologie politique à l’Université d’Alger, nous livre une analyse intéressante où il est question d’absence de l’État, d’exode rural trop brutal et d’individualisme.

Comportement anarchique des citoyens et démission de l’état : Les villes algériennes gangrènées par l’incivisme

L’anarchie à l’algérienne n’est pas, selon des sociologues, un acte de désobéissance comme elle n’est pas liée à la pauvreté ou à l’injustice sociale. Le laisser-aller et les politiques désastreuses de l’État ont participé à envenimer la situation. Les villes algériennes se sont transformées, en quelques années, en un festival du désordre. Une ode à l’anarchie. A la rue Hassiba Ben Bouali à Alger, comme dans n’importe quelle rue d’Algérie, les voitures foncent sur les piétons, les jeunes lancent des propos licencieux – presque obscènes – aux jeunes filles, les passants tentent d’esquiver les gouttes d’eau qui dégoulinent des balcons, les badauds observent sans bouger une rixe entre commerçants et un agent de nettoyage qui fait semblant de balayer en feignant de ne pas voir les ordures qui s’amoncellent derrière lui. Cette manière de vivre en dit long sur nous-mêmes. Qu’est-il arrivé aux Algériens ? Nous posons la question à Samir, jeune habitant du quartier, il nous explique que tout cela est « normal » et que « l’Algérie est comme ça ».. La vie a changé, elle devient plus difficile et les gens s’adaptent comme ils le peuvent. Le mot d’ordre c’est ‘’tag ala men tag’’, marche ou crève », analyse-t-il. Sur le mur auquel il est adossé, il y a l’inscription : « Attention, interdiction de pisser ». N’y voir aucun rapport.

Les racines des comportements chaotiques remontent, d’après le sociologue Nacer Djabi, au tout début de l’indépendance de l’Algérie lorsque des milliers de familles se sont emparées des appartements et des villas des anciens colons. « Il est nécessaire, dit-il, de se référer à la relation entre l’Algérien et la ville pour comprendre ce qui se passe. Il ne faut pas oublier que les Algériens sont entrés en ville de façon collective et brutale pour occuper les biens vacants. Ils ont peut-être voulu prendre leur revanche sur plus d’un siècle d’interdiction. L’Algérien est ainsi passé du gourbi et des bidonvilles à la ville ‘européenne’ », souligne M. Djabi. Plus de cinquante ans après l’indépendance, la relation de l’Algérien avec la ville est restée embrouillée. « L’Algérien est l’enfant de la culture rurale. Mais aujourd’hui, il a perdu cette culture y compris dans les zones rurales. Il suffit d’observer la situation de nos villages et des petites villes pour s’en convaincre. La majorité des Algériens – hormis quelques exceptions – n’ont pas connu la ville. Ils vivaient dans les haouchs, dans les bidonvilles. Il est nécessaire de faire un travail pédagogique auprès des jeunes générations pour améliorer la relation de l’Algérien avec la ville. » Le laisser-aller et les politiques désastreuses de l’Etat ont participé à envenimer la situation. « Les politiques de l’Etat ou les “non-politiques” ont maintenu ce système tel quel. Les walis, les P/APC, les responsables de daïra et des sociétés de nettoyage savent comment dépenser leur budget, mais ne savent pas comment nettoyer et travailler à longueur d’année pour améliorer la situation. La culture civique n’est pas la culture de nos entreprises et de nos sociétés », a indiqué encore M. Djabi. Puis les « années du terrorisme » ont fait le reste. « La famille s’est effondrée. L’absence de l’Etat a favorisé le désordre surtout chez les jeunes qui constituent la majorité dans la société algérienne », a souligné M. Djabi.

« Le désordre, c’est l’esthétique de ce pays »

Djamel, 28 ans, employé dans une entreprise privée, dénonce les comportements « individualistes » des Algériens. « On ne respecte pas l’autre. Mabqaach el q’dar. Si le chauffeur ne respecte pas le piéton et le piéton ne respecte pas la voiture, on ne s’en sortira jamais. Aujourd’hui, les gens astiquent leurs maisons à l’intérieur, mais dès qu’ils franchissent le seuil de la porte, ils adoptent d’autres comportements », se plaint-il. Il ajoute : « Les gens sont dégoûtés, karhou. C’est sans doute ce qui explique l’individualisme primaire et le laisser-aller. » Condamnés au « système D » pour vivre, les jeunes se sont inventé de nouvelles règles. L’essentiel, pour eux, est de « se mettre à l’abri » de la misère. « Moi, je n’attendrais pas qu’on vienne me tendre la main. N’daber rassi. Je fais le parking. Celui qui a de l’argent peut se garer ici. Celui qui n’en a pas n’a qu’à chercher ailleurs. Personne ne vient nous offrir leur charité et nous faisons pareil », lance-t-il cinglant. Plus qu’un phénomène qui gangrène notre économie, l’informel est devenu un état d’esprit. La rue, ce qu’on appelle communément « el houma », explique M. Djabi, a changé au gré des bouleversements qu’a connus l’Algérie. « L’absence de l’Etat combinée à l’absence de l’autorité du père ont abouti à ce résultat. Les jeunes voient en leur père ‘’l’échec’’ surtout s’il ne s’est pas adapté au système de débrouillardise qui est devenu une ‘’valeur’’ essentielle de la société algérienne. Le désordre est dirigé surtout contre l’autorité du père ‘’raté’’ avant qu’il ne le soit contre l’Etat », décortique M. Djabi. Les conséquences des comportements anarchiques peuvent être dangereuses. Les routes d’Algérie sont parmi les plus meurtrières au monde. « L’Algérien voit en la voiture un exutoire à toutes ses frustrations. Au volant, il croit détenir le pouvoir », dit Saïd, chauffeur de taxi. Il ne s’offusque plus de voir, dans les rues déjà étroites d’Alger, les voitures garées en double file. « Le désordre c’est l’esthétique de ce pays », glisse-t-il .

Dans certains secteurs sensibles, comme la santé, la situation tourne au cauchemar. Aux urgences de l’hôpital Mustapha, les patients et leurs parents sont souvent obligés de prendre leur mal en patience. Un rien suffit pour faire éclater une bagarre. Dimanche 23 août, la chaleur est accablante et les patients se bousculent pour accéder à la salle de soins. « Chacun son tour. Habbit tnawadhli el groun (tu veux me faire pousser des cornes) », crie l’un d’entre eux. « Il n’y a aucune organisation aux urgences. C’est l’un des plus grands hôpitaux du centre d’Alger mais il fonctionne avec deux médecins seulement. Les patients sont mal pris en charge. Il n’y a pas d’accueil et pas assez de brancards. La consultation dure une demi-heure, comme s’il s’agissait d’une consultation ordinaire alors qu’il s’agit d’urgence. Le temps de patienter, il peut être déjà trop tard », nous dit Tahar, qui accompagne sa mère. Il ajoute, à bout de nerfs : « A chaque bureau, nous sommes orientés vers un autre service puis vers une autre queue. Lorsqu’on parvient au centre d’analyses médicales, on nous dit que le médecin est absent. En tout et pour tout, on en a pour plus de 3 heures. »

« Les Algériens en camping »

L’anarchie à l’algérienne n’est pas, souligne le sociologue Djabi, un acte de désobéissance civile. Elle n’est pas non plus liée à la pauvreté ou à l’injustice sociale. Ni même d’ailleurs au milieu urbain ou rural. « La pauvreté ne justifie pas cette situation. Les nouveaux riches sont encore plus dangereux. Dans les quartiers huppés d’Alger, il est possible de voir que les propriétaires de grandes villas ne se gênent pas pour investir les trottoirs sans parler du mauvais goût et de l’immensité non justifiée des constructions. Ces catégories de personnes prennent leur revanche sur la ville, ses habitants et son environnement », précise-t-il. Et d’ajouter : « La pauvreté ne justifie pas tout. La réponse se trouve dans la politique de l’urbanisme. L’Etat a construit des bâtiments de cinq étages dans des régions désertiques qui ne manquent pas d’espace. » Les tags inscrits sur les murs d’Alger ont valeur de cris : « el harba », « el hedda », « el harga ». Abdenasser Djabi estime que le désordre qui règne dans les villes est indissociable du désir des Algériens de fuir leur pays. « Les Algériens se comportent comme s’ils étaient de passage et qu’ils ne comptent pas rester longtemps dans leur pays et qu’ils n’en sont même pas citoyens », souligne M. Djabi. C’est comme si les gens étaient « en camping », nous dit Samir, 36 ans. « C’est le signe qu’on est perdus. Il n’y a plus de repères. Il y a trop de bruit pour rien. Les gens qui sortent ne savent même pas quoi faire. On dirait qu’ils errent sans but », analyse-t-il. Le désordre est sans doute le « chantier présidentiel » le plus difficile à aborder. Il nécessite une « révolution des esprits » sans laquelle les millions de dollars n’y peuvent rien.

Amel BLIDI

Nacer DJABI a publié essai de sociologie politique à l’intitulé évocateur : Algérie : Etat et élites.

http://www.zoom-algerie.com/sortie-105-Nacer-Djabi-sociologue-dans-un-nouvel-essai.html

Le Festival punk de Mont-de-Marsan

Depuis quelques semaines, l’extrait d’un film que l’on croyait avoir perdu circule sur internet. L’image, en noir et blanc, est de piètre qualité mais il ne fait aucun doute: c’est un extrait du concert des Damned au festival punk de Mont-de-Marsan en 1977.


On fête les quarante ans du festival de Woodstock qui, du 15 au 17 août 1969, rassembla plus de 500000 hippies venus pour “trois jours de paix et de musique“. En réalité, comme le souligne Sylvain SICLIER dans un article paru dans Le Monde, ce weekend à la campagne ne fut pas si cool: l’organisation fut vite dépassée par l’afflux de spectateurs, la météo défavorable, les conditions sanitaires douteuses et les concerts plus que moyens.  Malgré cela, Woodstock est devenu un mythe, au point qu’on a oublié que le festival a eu lieu en réalité à Bethel, et ceux qui y participèrent jouent les anciens combattants, avec le sentiment d’être entrés dans l’histoire. Sauf Pete Townshend, guitariste des Who : «J’ai détesté chaque instant. Tous ces crétins d’Amerloques défoncés me vantant le nouvel âge qui naissait!».

Toujours est-il que Woodstock figure dans les livres d’histoire et a servi de modèle à bon nombre de festivals de rock où la musique est réduite un objet de consommation de masse.  À l’inverse, en France, les deux éditions du festival punk de Mont-de-Marsan, en 1976 et 1977, ont laissé nettement moins de trace dans notre mémoire collective. Elles sont pourtant une référence incontournable pour les punks du monde entier.

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1976.

Marc ZERMATI,  dont le magasin de disques, l’Open Market, rue des Lombards, à Paris, fut au début des années soixante-dix l’épicentre de la scène rock parisienne, organisa ce premier festival punk, dans les arènes de Mont-de-Marsan. Alors que les Sex Pistols avaient été retirés de l’affiche, les Damned, qui n’étaient pas annoncés, acceptèrent au dernier moment de jouer en ouverture, à midi, le samedi 21 août 1976. On le leur reprocha, comme l’explique Jon SAVAGE dans England’s Dreaming [1]:

«En août, les Damned jouèrent au “Premier Festival de Punk Rock Européen”. Organisé à Mont-de-Marsan dans le sud-ouest de la France, l’événement était une tentative de réaffirmation de la primauté de la France en tant qu’arbitre du punk européen. Comme d’habitude, la politique était toute-puissante : les têtes d’affiche étaient Eddie & the Hot Rods, déjà ennemis avérés des Sex Pistols après les événements du Marquee (le 12 février, les Pistols avaient détruit le matériel des Rods). Après l’altercation au 100 Club entre Sid Vicious et Nick Kent (attaqué à coups de chaîne de vélo pendant un concert), les Sex Pistols furent bannis du festival pour “être allés trop loin”, et les Clash se rétractèrent par solidarité. Les Damned n’avaient pas de tels scrupules.

Ce 21 août, les Damned donnent le cinquième concert de leur existence: ils  jouent «One Of The Two», «New Rose», leur reprise des Beatles «Help», «Fan Club», «1970» des Stooges, «Feel The Pain», «Fish», «See Her Tonite», «I Fall» et «So Messed Up». C’est à cette occasion qu’ils prennent conscience de leur potentiel en tant que groupe et ils entreront en studio quelques semaines plus tard pour enregistrer leur premier album.

Les Damned à Mont-de-Marsan, 21 août 1976 (source: Sud Ouest)

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1977.

Mont-de-Marsan-affiche1977

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Si la première édition du festival fut un semi-échec, la seconde édition attira l’année suivante plus de 4000 personnes. L’affiche, alléchante, était dominée par la rivalité entre les Clash et les Damned, mais l’on trouvait aussi la première mouture de Police, avec Henry Padovani à la guitare, ou encore les français d’Asphalt Jungle menés par Patrick Eudeline. À cette occasion, le journal télévisé français diffusa ce reportage avec une courte interview de Rat Scabies:

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Au début de l’été 1977, alors qu’il écrivait les chansons du nouvel album des Damned, Brian James avait décidé de recruter un second guitariste. Une petite annonce fut publiée et c’est ainsi que Lu, qui n’avait aucune expérience, rejoignit les Damned début août. Le festival de Mont-de-Marsan fut pour lui le baptême du feu.

Le site One Chord Wonders reproduit un article paru dans Libération, dont voici un extrait où l’on évoque les prestations des Damned et des Clash:

The Damned, Dave Vanian se jeta sur la scène, rugit tel un fauve et éructe «I’m Feelin’ Allright» des Stooges, «Neat, Neat, Neat», «Fan Club», «New Rose», «Help» des Beatles, «Fish», «Born To Kill», ils s’inspirent des Stooges, des Ramones pour créer une musique originale au comble de la violence ; «I’m a fallin’ Angel/Fallin’ down/Be a fallin’ Angel, come on round. Don’t be scared to follow, it’s no crime/You’re a fallin’ Angel, before your time!» («I Fall», The Damned).
La journée se terminera par The Clash, le seul groupe radical et politisé de la New Wave qui a déjà pris la tête du mouvement en Grande-Bretagne. Joe, Mick, Paul et Terry sont les Clash, Bernard est le manager, il y a deux roadies, c’est « The Clash Organization », sept personnes très liées, qui prêchent la violence et la révolution en armes. Derrière la scène, une immense photo : des flics anglais poursuivent des manifestants et au-dessus, bombé en rouge : « This is Joe Strummer public speaking ! », le message révolutionnaire de Joe Strummer, « White riot, I wanna riot/ White riot, a riot of me own/Black man have got a lotta problems/But they don’t care throwing a brick/But white man have got too much school/ Where they teach you how to be thick ! » (« White Riot », The Clash).

De notre envoyé spécial aux arènes :
Alain « No Future » PACADIS

Libération, 11 août 1977.

Lors de cette seconde édition, même si  Dave Vanian commence par «éructer» les paroles de «I Feel Alright», des Stooges, sans se rendre compte que le micro n’est pas branché, [2] le concert des Damned est impressionnant de hargne et de chaos, à tel point que Francis DORDOR parlera de «météorite culturelle» mais aussi de «show catastrophe» dans le compte-rendu du festival publié dans le numéro de Best du mois de septembre 1977 (reproduit ci-dessous):  pendant  «New Rose», Dave Vanian se jeta dans la foule et fut comme «happé par les disciples d’un épuisant et retentissant sabbat» et sur «Neat Neat Neat», après un «solo névrosé, incohérent» Rat Scabies renversa sa batterie, la piétina et lui mit le feu, provoquant la panique chez les pompiers.  Vinrent ensuite les Clash, imposés par CBS comme tête d’affiche. La rivalité qui les opposait aux Damned, que j’ai déjà évoquée ici, les obligea à se surpasser et à donner l’un de leurs meilleurs concerts, quoique perturbé par les facéties de Captain Sensible [3]:

Captain: “Someone gave me some stuff. I think it was angel dust. I went bersek. I let stinkbombs off while the Clash were palying and instead of running offstage, I just stayed there and hovered about -I’m enjoying this, sodding their gig up. So I started pulling plugs out of amps while they were playing songs”.

Allan Jones, Melody Maker editor: “It was the best Clash set I ever saw for that reason”.

Comme on peut l’entendre sur cet enregistrement, la plaisanterie n’était pas du goût de Joe Strummer qui accusa les Damned d’être jaloux… Il existe en effet plusieurs enregistrements de cette soirée, des documents audios et vidéos forcément recherchés par les amateurs, tels ce double album pirate des Clash simplement appelé “Mont-de-Marsan” ou ce fameux film tourné en vidéo qui rend compte de la fantastique performance des Damned et qui commence à refaire surface: Hot Cuts from Mont-de-Marsan, réalisé par Jean-François ROUX.

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Au retour du festival, les Damned travaillèrent à leur second album, Music For Pleasure, sous la houlette de Nick Mason, le batteur de Pink Floyd. À l’origine, ils avaient espéré que Syd Barrett sortirait de sa retraite pour produire cet album. L’idée était de s’orienter vers un son plus psychédélique. En fait, Nick Mason se révéla incapable de saisir l’énergie du groupe: sa production fut paresseuse et terne et, malgré les renforts du second guitariste et du saxophoniste jazz Lol Coxhill, l’album fut décevant.

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[1] Jon SAVAGE. England’s dreaming. Les Sex Pistols et le mouvement punk, Paris, Allia, 2002, 640 pages.

[2] Alain PACADIS. Un jeune homme chic, Paris, Denoël, 2002, 348 pages.

[3] Carol CLERK. The light at the end of the Tunnel, London, Omnibus Press, 1987, 96 pages.

L’évolution de la guerre au cours du dernier siècle

http://www.elpais.com/articulo/internacional/guerra/moderna/debilita/Convenciones/Ginebra/elpepiint/20090815elpepiint_8/Tes

La guerra moderna debilita las Convenciones de Ginebra

Las normas de protección de civiles han quedado obsoletas

FERNANDO PEINADO - Madrid – 15/08/2009

Hasta la Segunda Guerra Mundial los ejércitos solían citarse en un campo de batalla para acribillarse a balazos. Desde entonces las guerras han trasladado su escenario a las ciudades y han estallado sin avisar, matando cada vez a más civiles.

Hasta la Segunda Guerra Mundial los ejércitos solían citarse en un campo de batalla para acribillarse a balazos. Desde entonces las guerras han trasladado su escenario a las ciudades y han estallado sin avisar, matando cada vez a más civiles. Por eso la celebración esta semana del 60º aniversario de las Convenciones de Ginebra ha reabierto el debate sobre si las normas que intentan contener la sangría, ideadas para la guerra convencional entre Estados y no para los conflictos internos, se han quedado obsoletas.

Los conflictos armados han evolucionado más rápidamente que estos cuatro tratados, que versan sobre el trato debido a prisioneros de guerra, heridos y no combatientes. En 1977 se añadieron dos protocolos, pero aún así han aparecido nuevos protagonistas como las compañías de seguridad privada, cuya regulación ha quedado desfasada, y sobre todo, la cooperación de la población con los rebeldes ha difuminado la clásica distinción entre combatientes y civiles. Las convenciones no aclaran cuándo un civil toma parte directa en las hostilidades. “¿Es legítimo disparar a la población que provee de comida al enemigo? No debería serlo, pero los tratados no lo especifican”, reconoce Knut Dormann, jurista del Comité Internacional de la Cruz Roja, la organización que custodia su cumplimiento.

En los países azotados por la violencia la relevancia de las convenciones es relativa. La mayoría de la población no sabe de su existencia y, del 42% que sí las conoce, poco más de la mitad (56%) cree que sean efectivas, según una encuesta conocida este mes. Los defensores de estas normas replican que el paso del tiempo las ha hecho más imprescindibles. En la I Guerra Mundial, el 90% de las víctimas eran soldados y el resto civiles, en la II Guerra Mundial esa proporción varió al 50%-50%, y en la actualidad se estima que las cifras se han invertido y de cada 100 muertos, 90 son no combatientes.

¿Haría falta por tanto un nuevo tratado? No está tan claro. Los juristas piden un cambio, pero advierten del peligro de enmendar un texto bastante garantista. “Renegociar acuerdos universales puede conducir a una regresión”, opina Daniel Nord, experto en derecho internacional humanitario del centro sueco Sipri, “hay otras vías por las que se han puesto al día, como la interpretación que hacen los jueces caso por caso”.

Tiene razón. Hoy las convenciones ya no son seguidas al pie de la letra, pero esa flexibilidad ha conllevado pérdidas. Como ha pasado con los derechos reconocidos a los prisioneros de guerra, que incluyen el derecho a una cantina para comprar comida y tabaco, un salario mensual, la posibilidad de consultar las cuentas bancarias personales o el acceso a instrumentos musicales y equipamiento deportivo. “Las Convenciones de Ginebra son mucho más que eso”, recuerda Dormann. Lo de menos es que Estados Unidos no dejara tocar la guitarra a los presos de Guantánamo. “Las Convenciones contienen disposiciones mucho más importantes y con pleno reconocimiento como la prohibición de la tortura, el asesinato, las violaciones o la toma de rehenes”, añade. Su papel de complemento a los trabajos de la Corte Penal Internacional es fundamental.

Pero más allá de estas adaptaciones, el riesgo de involución al que se refieren Nord, Dormann y otros especialistas proviene de la proliferación de enemigos de las convenciones. Destacados miembros de la Administración de George W. Bush y el ex ministro de Defensa británico John Reid las criticaron sin ofrecer alternativas. El debate de fondo refleja las tensiones a las que se enfrentado históricamente el derecho de la guerra, entre humanitaristas, partidarios de limitar la acción armada en nombre de los derechos humanos, y clausewitzianos, que priorizan los objetivos militares y la necesidad de poner fin lo antes posible a las hostilidades.

“La guerra contra el terrorismo de Bush ha sido desastrosa para el derecho internacional humanitario y ha dado alas a quienes quieren ponerle el menor número de cortapisas a la opción bélica”, valora José Antonio Sanahuja, profesor de la Universidad Complutense de Madrid. Un ejemplo que Sanahuja cita como efecto de esta regresión fue el rescate de Ingrid Betancourt. Entonces, el Ejército de Colombia usó un indicativo de la Cruz Roja, que, según los tratados, indica neutralidad. “Las consecuencias pueden ser nefastas si las FARC dejan de confiar en este emblema. Lo que hizo el Ejército colombiano es un crimen de guerra”.

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Émeutes à Saint Sébastien

Hier, 8 août, alors que les fètes de Saint Sébastien allaient débuter, une manifestation interdite la veille par le juge Baltasar GARZÓN a dégénéré en affrontements entre la Ertzaintza, la police autonome basque, et des manifestants de la gauche abertzale.

Petite revue de presse.

Le Diario Vasco s’est contenté de rapporter les faits sans les commenter:

Las calles de San Sebastián volvieron a ser escenario de incidentes coincidiendo con el arranque de las fiestas de Semana Grande. Agentes de la Ertzaintza detuvieron a dos personas al disolver una manifestación convocada por la izquierda abertzale y que había sido prohibida tanto por el departamento vasco de Interior como por el juez de la Audiencia Nacional Baltasar Garzón, que ayer hizo público un auto. La marcha había sido convocada a las 18.30 horas en el Boulevard donostiarra, en sustitución de otra convocatoria, prevista a las cinco y media, que también había sido prohibida.

Una hora antes de esta segunda protesta, dotaciones de agentes antidisturbios de la Ertzaintza vigilaban los aledaños del Boulevard, en el primer gran despliegue de la Policía Autónoma contra una manifestación desde que el PSE-EE llegara al Gobierno Vasco. En el cielo, un helicóptero vigilaba la zona.

Bajo el lema Salbuespen egoerari Stop! Euskal Herriak du hitza eta erabakia! (¡Stop al estado de excepción! ¡Euskal Herria tiene la palabra y la decisión!), los manifestantes comenzaron a congregarse en el Boulevard minutos antes de las 18.30 horas. Tras el paso de la tamborrada que iba a participar en el cañonazo festivo, centenares de personas alzaron ikurriñas y carteles, comenzaron a corear consignas en favor de la independencia e intentaron iniciar la manifestación sin pancarta de cabecera.

En ese momento, agentes antidisturbios de la Ertzaintza disolvieron a los concentrados, que se refugiaron en calles de la Parte Vieja. En grupos, los manifestantes siguieron lanzando consignas tales como «Estado español, estado terrorista».

La tensión fue ‘in crescendo’. Agentes antidisturbios realizaron cargas y entraron en las calles de la Parte Vieja, donde se produjeron carreras con los manifestantes. La Ertzaintza detuvo a dos personas acusadas de corear gritos en favor de ETA, según Interior.

Pasada una hora, los agentes se retiraron parcialmente y los manifestantes aprovecharon para realizar un segundo intento de manifestación, que fue disuelta a la altura de la Avenida de la Libertad. Hasta bien entrada la tarde se mantuvieron varios focos de enfrentamientos. Según la Ertzain-tza, no hubo daños a la propiedad pública y privada. Otras fuentes señalaron que varias personas resultaron heridas leves.

Pour le quotidien madrilène El País, l’intervention de la Ertzaintza a illustré la politique de tolérance zéro annoncée par le nouveau président du gouvernement basque, le socialiste Patxi LOPEZ:

La Ertzaintza ejemplificó con claridad en la tarde de ayer en San Sebastián la política de tolerancia cero que había anunciado el lehendakari, Patxi López, para impedir que la izquierda abertzale ilegalizada utilice las fiestas de las ciudades de Euskadi para apoyar a ETA. Con decenas de agentes, varios furgones, un helicóptero y la dificultad añadida de que los radicales se mezclaban entre los miles de ciudadanos que querían disfrutar del comienzo de la Semana Grande donostiarra, los agentes impidieron hasta en tres ocasiones sucesivas que los cerca de un millar de manifestantes reventasen el inicio festivo y se hiciesen dueños de la calle.

EITB, la télévision basque, a diffusé des images qui montrent comment la Ertzaintza a chargé les manifestants. Le journal Gara, proche de la gauche abertzale, a ironisé en soulignant que la charge de la police a eu pour seul effet d’étendre la manifestation à toute la vieille ville de Saint-Sébastien:

La policía del Departamento de Rodolfo Ares parecía tener un claro objetivo: acallar todo esbozo de protesta. Algo que tras sesenta minutos de dura actuación policial resultó imposible. El afán de obstaculizar la manifestación aumentó la protesta y las concentraciones dándose singularidades como la presencia de manifestantes con carteles en mano en el mismo Alderdi Eder mientras se lanzaba el cañonazo, tras las batukadas, inmersos en la manifestación antitaurina o acompaña- dos por gigantes y cabezudos.

Los agentes no daban abasto. Durante la hora en que permanecieron en las cercanías de la Parte Vieja, estuvieron desbordados. Mientras que acudían a acallar a centenares de jóvenes que aparecían por una bocacalle de la parte antigua, decenas de ciudadanos se agrupaban en el Boulevard para dar continuidad a la protesta. Y así hasta que los agentes de Ares dejaban atrás la Parte Vieja y volvían malhumorados a imponer el silencio en el Boulevard. Antes de que consiguieran este objetivo, otro grupo de manifestantes se hacía notar ya en otra bocacalle de Alde Zaharra, para suplicio de los uniformados.

La tensión y la saña con la que actuaba la Ertzaintza era visible. Un joven fue aporreado entre tres agentes por no dejar de ondear una ikurriña que incluía un crespón negro en memoria del edil villabonatarra Remi Ayestaran, fallecido tras una discusión con la Ertzaintza. Golpes con el escudo, empujones e insultos se repitieron durante esos sesenta minutos. [...]

Tras una hora de hostigamiento policial, fue la actitud de la Ertzaintza la que tomó por sorpresa a los manifestantes. De repente se replegaron y se montaron en sus furgonetas, no sin escuchar aplausos, silbidos y hasta eslóganes como «así, así, hasta Madrid».

El hecho de tener vía libre hacia el centro de la ciudad llevó a decenas de ciudadanos a ocupar la calle Hernani, seguidos por más y más decenas de personas que observaron que, aunque fuese una hora después, habían logrado su objetivo: manifestarse por la ciudad. La improvisada marcha recorrió con determinación la calle Hernani. Sin embargo, cuatro furgonetas de la Ertzaintza frenaron en seco la marcha. Tras acudir por detrás a gran velocidad, los manifestantes y viandantes tuvieron que huir para no ser atropellados.

Esta nueva irrupción de la Ertzaintza hizo que la protesta se volviese a dispersar, esta vez por diversos puntos del centro donostiarra. Algunos manifestantes intentaron llegar al Buen Pastor, mientras que otros se quedaron alzando sus carteles ante un céntrico dentro comercial y algunos más cortaban la carretera parando dos trenes txu-txu en medio de la Avenida. El caos, como puede comprobarse, era absoluto.

La prohibición de la manifestación y la carga policial, además de dejar un balance de dos personas arrestadas, hizo que la protesta ciudadana se prolongara durante tres horas en medio de una ciudad que iniciaba sus fiestas.

Durango

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Petite promenade à Durango. Les anciens abattoirs ont été transformés en salle de concert. Sur l’une des portes, quelqu’un a gribouillé une référence à George ORWELL. Sur l’esplanade, des sculptures métalliques, couleur rouille, nous rappellent que le travail du fer, des forges à la fonderie, est ici une tradition ancienne. Sur l’une d’entre elles, un graffiti en forme de commandement: “Punk!”.

Punk? Dans une ville où l’industrie métallurgique est en train de disparaître et appartient de plus en plus au passé, doit-on traduire cela par “No Future“? Pas d’avenir, donc, et un passé que l’on aurait tendance à oublier. Le bombardement de Durango pendant la guerre civile n’apparaît en effet jamais dans les livres d’histoire!

Le 31 mars 1937, en début de matinée, des bombardiers et des chasseurs italiens déchargent sur Durango 80 bombes de 50 kg. C’était l’heure des offices: l’église de Santa María, devant laquelle se tenait le marché, était pleine ainsi que celle du collège des Jésuites. Les deux édifices sont complètement détruits. Re-belote en fin d’après-midi: nouvelle attaque au cours de laquelle sont larguées une vingtaine de bombes de 100 kg et une cinquantaine de 50 kg. Le quartier visé, qui va de la rue Zeharkalea au cimetière,  grouillait de cette foule qui allait à l’identification des victimes du bombardement du matin. Au total, on compte entre 300 et 400 morts mais aucun tableau de Picasso ni aucun poème de Paul Éluard ne nous rappellent que Durango a été bombardée un mois avant Guernica, ce qui en fait la première ville à avoir souffert d’un raid aérien, avec son lot de victimes civiles.