Vous avez dit «polygame» ?

Le cas du polygame présumé de Nantes a attisé la polémique sur l'interdiction du voile intégral. (Photo : AFP). Le Figaro 27042010

Photo: AFP

Ces derniers jours, on a beaucoup parlé de cette jeune femme verbalisée pour avoir conduit vêtue d’un niqab et de son époux, qui serait polygame et collectionnerait les allocations familiales. Cette histoire, qui tombe à pic pour le gouvernement, au moment où il parle d’interdire complètement le voile intégral dans l’espace public, est très médiatisée depuis que la conductrice au niqab a convoqué une conférence de presse pour contester sa contravention de 22 euros. Le ministre de l’Intérieur, Brice HORTEFEUX, s’est aussitôt empressé de réagir en révélant que le mari de la conductrice, “né à Alger et ayant acquis la nationalité française par mariage en 1999, appartiendrait à la mouvance radicale du “Tabligh” et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants“. Après avoir ajouté que ces quatre femmes “bénéficieraient de l’allocation de parent isolé [et] porteraient le voile intégral“, il a évoqué la possibilité de déchoir le mari polygame de sa nationalité française.

Dimanche, à la mosquée Arrahma de Nantes, le prédicateur islamiste suisse Tariq RAMADAN, qui prétend parler au nom de tous les musulmans, a répondu au ministre de l’Intérieur en l’accusant de “trahir les valeurs de la France“. On retrouve ici la bonne vieille rhétorique islamiste qui est souvent reprise par une partie de la gauche: on invoque les principes de la démocratie et on pleurniche en dénonçant la stigmatisation et l’islamophobie. En réalité, n’est-ce pas l’ensemble des musulmans qui est stigmatisé par le voile intégral et la polygamie, des pratiques aussi radicales que marginales? Les Français musulmans n’ont pas forcément envie d’être assimilés à ces barbus en djellabah et Keffieh, comme le souligne cet excellent billet publié par C’est la gêne. Lundi, lors d’une nouvelle conférence de presse, le mari de la conductrice a démenti être polygame tout en admettant avoir des “maîtresses”: “si on est déchu de sa nationalité française parce qu’on a des maîtresses, alors beaucoup de Français peuvent l’être, les maîtresses ne sont pas interdites par l’islam, peut-être par le christianisme, mais pas en France que je sache“, a-t-il ironisé. Un musulman qui se vante d’être infidèle! De quoi être perplexe, un peu comme Fromageplus, qui finit par se demander si cet homme est véritablement musulman. Alors, ce Tartuffe en djellabah est-il polygame, ou non? Et d’ailleurs, la polygamie, c’est quoi? Enfin, qu’en est-il de la polygamie en France?

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Qu’est-ce que la polygamie?

La polygamie est l’état de mariage d’une personne (homme ou femme) avec plusieurs conjoints. Le premier mariage obéit généralement à des règles plus strictes que les mariages subséquents (dits secondaires).

La polygynie désigne l’union matrimoniale d’un homme avec plusieurs femmes ayant simultanément le statut d’épouses vivantes légitimes. C’est la forme la plus courante de polygamie. À l’inverse, on appelle polyandrie la règle de mariage selon laquelle une même femme est unie à plusieurs hommes simultanément. Rares sont les sociétés qui pratiquent la polyandrie, causée par une pénurie de femmes, suite souvent à la pratique de l’infanticide des filles: les plus connues sont les Marquisiens de Polynésie, les Toda de l’Inde, et certains groupes du Tibet. Chez ces derniers, on parle de polyandrie fraternelle, c’est-à-dire que plusieurs frères ont la même épouse et le titre de père n’est reconnu à l’un d’eux qu’après l’accomplissement d’un rituel d’attribution de paternité. La polyandrie est plus rare que la polygynie sans doute pour des raisons d’inégalité physiologique entre l’homme et la femme: un homme peut avoir plusieurs enfants simultanément avec plusieurs femmes alors que la femme ne peut être enceinte simultanément de plusieurs hommes.

Dans son Anthropologie de la parenté [1] Robin FOX nous dit qu’il faut voir dans la polygynie “plusieurs unités mère-enfants dont la responsabilité est assumée par un seul homme qui circule de l’une à l’autre“. On peut distinguer la petite polygamie (deux ou trois épouses, quatre au maximum selon l’islam) et la grande polygamie, qui est généralement l’apanage des chefs. Souvent la polygamie apparaît en effet comme le privilège du chef, comme l’a constaté Claude LÉVI-STRAUSS chez les Nambikwara [2]:

Acceptant la polygamie de son chef, le groupe échange un élément de sécurité individuelle résultant de la règle monogamique pour la sécurité collective qu’il promet. Chaque homme reçoit une femme d’un autre homme, mais le chef en reçoit plusieurs du groupe. Il offre en échange une garantie contre les besoins et dangers.

Le chef échangerait le privilège de la polygamie contre les services qu’il rend au groupe. Outre le fait qu’il lui donne la possibilité d’avoir beaucoup d’enfants à marier, ce privilège est également de nature économique: dans une société de chasseurs-cueilleurs comme celle des Nambikwara, ce sont les femmes, chargées de la collecte, qui assurent la survie quotidienne du groupe, puisque les produits de la chasse sont aléatoires, et la polygamie fait donc du chef un homme plus riche que les autres.

Pouvoir et polygamie: souvenez-vous des funérailles en 1996 de ce président de la République!

Dans l’Inde classique, la polygamie est aussi réservée aux castes supérieures. Dans Homo hierarchicus [3], Louis DUMONT nous explique qu’il y a polygynie hiérarchisée chez les castes royales: les épouses subsidiaires sont de statut inférieur à la principale et les fils sont hiérarchisés en conséquence. Dans les castes moyennes, la polygynie est souvent sororale, c’est-à-dire qu’un homme épouse plusieurs soeurs. Dans tous les cas, ces mariages n’unissent pas seulement des individus mais, à travers eux, des familles. Ajoutons que le premier mariage est celui qui prime sur les autres puisque c’est avec lui que l’on passe de la catégorie des célibataires à celle des gens mariés.

La polygynie sororale était également pratiquée dans la société féodale chinoise, comme nous l’a montré Marcel GRANET [4] :

La polygynie, telle que la pratiquaient les différentes classes de la Noblesse, dérive d’usages anciens et populaires adaptés aux conditions nouvelles de la Société féodale. Je ne puis donc y voir, comme les auteurs chinois, une invention législative. Mais les analyses qu’ils en ont données ont au moins un mérite ; c’est de rappeler ce fait essentiel : aux temps anciens de la Chine, le mariage était considéré comme l’acte fondamental non pas tant de la vie privée que de la vie publique, pour mieux dire et seulement traduire une formule alors admise, les alliances matrimoniales étaient considérées comme les degrés par lesquels pénétraient dans une Maison seigneuriale le Bonheur ou le Malheur. On va voir en effet que c’est bien de ce point de vue que l’on peut comprendre l’usage féodal de la polygynie. La polygynie, pratiquée dans la Noblesse, y était réglementée par deux règles antithétiques que j’étudierai l’une après l’autre : un noble, à son mariage, ne devait prendre femmes que dans une famille, et il était plus ou moins strictement obligé de ne se marier qu’une fois. Inversement, la famille où il prenait femmes était tenue de lui fournir d’un coup un nombre d’épouses déterminé par son rang nobiliaire.

Dans ce livre admirable qu’est La civilisation chinoise [5], Marcel GRANET précise que la règle obligeait le seigneur à ne se marier qu’une seule fois: aussi se mariait-il d’un coup avec plusieurs soeurs. On peut donc parler ici de monogamie polygynique:

Si [la famille alliée] n’hésite point à donner ses filles avec magnificence, c’est que, pourvu, à l’aide d’un mariage unique, d’un lot abondant d’épouses, le gendre se trouve définitivement attaché à sa belle-famille. Un seigneur qui reçoit neuf femmes d’un coup n’a aucun droit à contracter de secondes noces. La polygynie implique la monogamie, même pour le simple noble qui ne reçoit pourtant que deux femmes : de sa part, un second mariage, possible en droit et fréquent en fait (mais l’instabilité féodale permet aussi aux seigneurs de violer la règle monogamique), est toujours condamné par l’opinion. Privé de ses femmes par des morts répétées, le gendre a droit à les voir remplacées et il n’y a pas alors, à vrai dire, second mariage : les femmes que la belle-famille s’empresse d’envoyer sont simplement substituées à celles du premier lot insuffisamment durable. La monogamie polygynique a pour fonction de circonscrire l’avenir matrimonial de l’époux : la belle-famille a acheté, pour sa vie, sa fidélité à l’alliance une fois conclue. Elle a acquis du même coup certains droits sur les enfants à naître de lui ; tous subiront une influence unique et forte, car tout au long de sa carrière d’épouse et de mère toute femme s’applique à rester pour les siens une bonne fille.

Les Amérindiens Shoshone, au Colorado, pratiquent également la polygamie fraternelle ou sororale. Mais elle n’est pas systématique. Sa pratique est parfois liée aux circonstances. Robin FOX [1] nous raconte que les Shoshone, des chasseurs-cueilleurs qui occupent de hauts plateaux désertiques, ont en effet développé des échanges matrimoniaux entre jeunes gens de familles voisines pour survivre à un environnement inhospitalier mais aussi aux attaques d’autres tribus:

Au-delà de la famille nucléaire, l’unité sociale était donc constituée par un groupe de familles apparentées. La forme idéale de mariage était “l’échange de soeurs”: les fils et filles d’une famille épousaient les filles et fils d’une autre. Les deux familles se trouvaient ainsi doublement liées l’une à l’autre. Mais les incidences démographiques interdisaient parfois un échange équilibré, les deux familles n’ayant pas le nombre requis d’enfants; aussi pratiquait-on les deux formes de mariage plural: le fils unique d’une famille épousait deux ou plusieurs filles d’une autre vivant à proximité (polygynie) et, inversement, une famille qui n’avait qu’une seule fille la donnait en mariage à deux ou plusieurs fils d’une autre (polyandrie).  De tels arrangements n’avaient qu’un caractère temporaire car l’unité idéale de survie demeurait la famille nucléaire.

La polygamie n’est pas seulement une question de pouvoir. Elle vise d’autres objectifs, comme nous l’explique Claude RIVIÈRE dans son Introduction à l’anthropologie [6]:

Les finalités des stratégies matrimoniales polygyniques sont d’ordre:

1/ démographique: perpétuer le clan en lui fournissant une nombreuse progéniture;

2/ économique: accroître la force de travail du groupe, donc accumuler en conséquence le patrimoine, les dots et assurer la sécurité des parents dans leur vieillesse;

3/ politique: se constituer une aire de paix en étendant le réseau des familles alliées;

4/ religieux: amener au foyer les dieux protecteurs auxquels appartiennent les épouses;

5/ psychosocial: conférer au polygame un statut prestigieux qui rejaillit sur chacune de ses femmes;

6/ psychophysiologique: pouvoir satisfaire ses besoins sexuels avec une femme même si l’autre est interdite de rapport conjugal du début de la grossesse à la fin de l’allaitement comme il est fréquent en Afrique.

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La polygamie est légale dans une cinquantaine de pays dans le monde

La polygamie est légale dans une cinquantaine de pays dans le monde (en vert)

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La polygamie et l’islam

Chez les musulmans, la polygamie (un mari avec plusieurs femmes) n’est pas une obligation: elle fait juste partie de ce qui est permis (moubah), comme l’indique le Coran [7] :

Si vous craignez d’être injustes envers les orphelins, n’épousez que peu de femmes, deux, trois ou quatre parmi celles qui vous auront plu. Si vous craignez encore d’être injustes, n’en épousez qu’une seule ou une esclave. Cette conduite vous aidera plus facilement à être justes. Assignez librement à vos femmes leurs dots ; et s’il leur plaît de vous en remettre une partie, jouissez-en commodément et à votre aise (Sourate IV, verset 3).

L’islam permet donc à un homme d’épouser deux, trois ou quatre femmes, mais à condition d’être juste envers chacune d’elles. Dans la même sourate, au verset 128, on peut lire cette mise en garde: “Vous ne pourrez jamais traiter équitablement toutes vos femmes, quand même vous le désireriez ardemment “.  Cela laisse à penser que la polygamie, loin d’être obligatoire (fard), n’est pas vraiment encouragée (moustahab). De plus, la polygamie n’est pas possible si l’on ne peut pas être équitable avec chacune de ses femmes ou si la première femme a fait préciser dans le contrat de mariage qu’elle n’acceptait pas la polygamie de son mari.

Comme on peut le lire sur le site islamreligion.com la polygamie serait notamment justifiée par le fait qu’elle “résout plusieurs problèmes de société comme la prostitution et les infidélités conjugales, si présentes dans les sociétés occidentales.  Pour contrer l’adultère  – l’infidélité est une des premières raisons de divorce en Occident – l’islam autorise un homme à épouser plus d’une femme“. Certains pays musulmans, comme la Tunisie ou la Turquie, ont cependant interdit la polygamie, ou bien l’ont rendue très compliquée, comme le Maroc. La polygamie n’est donc pas une règle pour les musulmans, mais plutôt une exception et personne ne peut affirmer qu’un musulman qui a deux, trois ou quatre femmes est un meilleur musulman que celui qui n’en a qu’une.

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Qu’en est-il en France?

En France, la polygamie est un délit constitué passible d’un an de prison et de 45000 euros d’amende comme le précise l’article 433-20 du Code pénal :

Le fait, pour une personne engagée dans les liens du mariage, d’en contracter un autre avant la dissolution du précédent, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.

Est puni des mêmes peines l’officier public ayant célébré ce mariage en connaissant l’existence du précédent.

Ce qui est amusant dans cette histoire, c’est que certains juristes pensent que la polygamie est légalement impossible en France et, par conséquent, qu’elle n’existe pas. Ainsi, sur son blog, Maître Éolas écrit: “pour que le délit soit constitué, il faut contracter un mariage, c’est-à-dire passer devant Monsieur le maire, qui vérifiera avant de célébrer qu’il n’y a pas déjà un mariage inscrit sur l’acte de naissance. Difficile d’être bigame en France.” Il en conclut donc que le mari de la conductrice au niqab  “n’est point marié avec ses trois ou quatre “épouses”, mais seulement avec une d’entre elles, vivant en concubinage avec les autres. Ce qui est parfaitement légal en France, sauf à rétablir le délit d’adultère“.

Est-il si difficile d’être polygame en France? En 1992, une étude de l’INED, fondée sur une grande enquête sur les populations immigrées en France, estima le nombre de familles polygames à 8000, ce qui correspond à 90000 personnes (soit 11 à 12 personnes par famille environ). Dans les années 1980, la polygamie était en effet tolérée dans le cadre du regroupement familial d’étrangers, suite à l’arrêt Montcho (Conseil d’État, 11 juillet 1980) qui avait permis à une famille polygame béninoise de s’installer en France, au nom du droit à mener une vie familiale normale. En 1993, les lois Pasqua signent la fin du regroupement familial: elles empêchent tout ressortissant étranger qui vit en état de polygamie d’obtenir une carte de résident de dix ans et seul un conjoint pourra désormais bénéficier du regroupement familial. Mais, comme l’explique Charlotte MENEGAUX dans un article très complet paru le 27 avril dans Le Figaro, “la situation inextricable des familles déjà installées en France rend un assouplissement de la loi inévitable : une première circulaire, le 8 février 1994, précise que les femmes qui ont des enfants français ou qui séjournent en France depuis plus de quinze ans sont inexpulsables. Puis, en avril 2000 et en juin 2001, deux autres circulaires prévoient, pour les familles polygames entrées en France avant 1993, le renouvellement des titres de séjour à condition que les ménages «décohabitent». En l’absence de données statistiques précises, on ne sait pas si la fin des regroupements familiaux pour les familles polygames décidée par la loi de 1993 a ralenti ce phénomène ou s’il est allé en s’accentuant. En 2006, un rapport de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) avançait le chiffre de 20000 foyers polygames en France, soit jusqu’à 200000 personnes. Selon Sonia IMLOUL, présidente de l’association Réseau 93 et auteur d’un rapport sur la polygamie en France en 2009, ce chiffre “pourrait aujourd’hui avoir doublé“. Elle confie à L’Express que la polygamie, “sujet tabou et difficile à quantifier“, concerne “dans la majorité des cas de familles originaires d’Afrique sub-saharienne“, parmi lesquelles beaucoup viendraient, semble-t-il, du Mali.

Enfin, si le mariage religieux n’est pas reconnu en France et doit être subordonné au préalable du mariage civil, il ne faut pas oublier que les mariages religieux peuvent être à l’origine d’une situation de polygamie. L’époux de la conductrice au niqab peut très bien être polygame suite à une série de mariages religieux célébrés illégalement par un imam. En effet, comme l’explique Ivan ROUFIOL, auteur de La fracture identitaire [8],  “de plus en plus de jeunes musulmans, désireux de réfuter les lois d’une République de kouffar (non-musulmans) s’affranchissent du mariage civil pour lui préférer l’illégalité du seul mariage religieux“.

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[1] Robin FOX. Anthropologie de la parenté, Paris, Gallimard, 1972, 299 pages.

[2] Claude LÉVI-STRAUSS. “The Social and Psychological Aspects Of Chieftainship in a Primitive Tribe: The Nambikuara of Northwestern Mato Grosso” in Transactions of the New York Academy of Sciences, Series II, 7 (1), New York, 1944, pages 16-32.

[3] Louis DUMONT, Homo hierarchicus, Paris, Gallimard, 1986, 449 pages.

[4] Marcel GRANET. «La polygynie sororale et le sororat dans la Chine féodale. Etude sur les formes anciennes de la polygamie chinoise» in Essais sociologiques sur la Chine, Paris, PUF, 1990, 301 pages. Le texte est téléchargeable ici sur le site de l’Université du Québec.

[5] Marcel GRANET, La civilisation chinoise, Paris, Albin Michel, 1997, 578 pages. Le texte est téléchargeable ici sur le site de l’Université du Québec.

[6] Claude RIVIÈRE. Introduction à l’anthropologie, Paris, Hachette Supérieur, 1999, 156 pages.

[7] Le Coran, traduit de l’arabe par Kasimirski (Paris, Garnier-Flammarion, 1970, 511 pages).

[8]  Ivan ROUFIOL. La fracture identitaire, Paris, Fayard, 2007, 200 pages.