Après l’attaque meurtrière de la cathédrale de Bagdad

Après l'attaque, des policiers montent la garde devant la Cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad (Source: REUTERS/Mohammed Ameen)

Depuis l’attaque, le 31 octobre, à Bagdad, d’une église chrétienne par un groupe d’al-Qaida, les mots manquaient pour exprimer ce que je ressentais. Ou ils semblaient vains. Dans un excellent billet, KOZ a très bien résumé ce sentiment: “Que feront quelques mots pour les chrétiens d’Orient ? Que feront quelques lignes pour les catholiques de Bagdad ? Quelques mots posés pour s’acquitter un peu de notre mauvaise conscience. Quelques mots pour espérer conjurer notre impuissance.” Puis j’ai lu de nombreux commentaires très intéressants, notamment à la suite d’une réaction de PHILARÊTE, qui m’ont amené à me demander si je n’étais pas davantage touché parce que je partage avec les victimes une même identité, à savoir que nous appartenons à la communauté chrétienne. Une communauté chrétienne au sens large, œcuménique, puisque je suis protestant. Et hier, après avoir lu des témoignages publiés par Le Figaro, il m’a semblé si évident que l’attaque de la cathédrale de Bagdad marquait une nouvelle étape dans ce qui ressemble fort à un génocide religieux qu’il était devenu insupportable de garder le silence. Peu importe que l’on soit chrétien: on ne peut rester indifférent au calvaire des Chrétiens d’Irak. Et, plus généralement, quand on voit le sort réservé aux Chrétiens d’Orient, de plus en plus misérable, on peut se demander si le multiculturalisme est possible en terre d’Islam quand celle-ci est en proie au fondamentalisme. Lire la suite

Michel Houellebecq et Claude Lévi-Strauss

Michel HOUELLEBECQ, qu’il m’est arrivé de croiser à la fin des années 80 dans les couloirs du ministère de l’agriculture, rue de Varenne, était l’invité du festival du rire de Bilbao en septembre dernier. Le quotidien El País l’avait interviewé, et mis l’entretien de côté en attendant qu’il obtienne ce Goncourt tant annoncé pour La Carte et le territoire. Dans cette interview, le regard que Houellebecq porte sur la littérature française du XXème siècle a retenu mon attention:

R. ¿Cree que es el momento de revisar el Panteón de la literatura del siglo XX?

Sí, es el momento. Deberíamos empezar a pensarlo y cambiar a algunos autores de sitio. En Francia está muy extendida la idea de que, en el siglo XX, está Proust, Céline y después no hay nada más. Este es el punto de vista francés. Pérec ha sido muy ignorado. También hay un caso de genio escondido, el único que conozco, que es el de Jean de La Ville de Mirmond. Además, a nivel internacional, el duo Sartre-Camus hizo mucho efecto, en parte con razón, pero se pasó de largo de Levi-Strauss, que tenía el pensamiento y la escritura, tenía los dos. Uno no pierde su tiempo leyéndolo, es mucho más fácil de leer e interesante que la filosofía de Sartre. Cuando murió tenía la impresión de que se le dieron los honores de un gran sabio, pero que no había logrado llegar al gran público.

Lire la suite

La difficile remise à flot d’un bateau de pêche: mais où sont les harrijasotzailes ?

Un bateau de pêche imprudent, le Motxo, s’est échoué jeudi dernier au pied de ces falaises de flysch que j’aime tant, entre Zumaia et Deba. Pas de problème, a priori, pour remettre le bateau à flot: le lever de pierre par les harrijasotzailes et le tir à la corde sont des sports ruraux traditionnels en Euskadi. Mais voilà: quelque chose me dit que cela ne sera pas suffisant. Et entre temps, le carburant s’est déversé dans la mer.

Source des photos: MICHELENA / El diario Vasco