L’étrange immersion du cadavre de Ben Laden

Joe Biden, Barack Obama, Hillary Clinton, Robert Gates et les conseillers du président suivent l'opération dans la «Situation Room» de la Maison-Blanche. Crédits photo : Pete Souza/AP

La présidence américaine a diffusé des photos de la «Situation Room» dans la Maison blanche, où Barack OBAMA et ses plus proches conseillers ont planifié et suivi l’assaut de la villa de Oussama BEN LADEN à Abbottabad (Pakistan). À défaut de voir les images de l’opération, nous pouvons voir ceux qui les regardent en direct, grâce à l’équipement vidéo des Navy Seals, ces commandos d’élite de la Marine américaine qui ont mené l’assaut. L’une des photos est particulièrement intéressante: tandis qu’un mélange de tristesse et de résignation se lit sur le visage du vice-président Joe BIDEN, et que la secrétaire d’État Hillary CLINTON a l’air horrifié, le président Obama, à l’écart, semble replié sur lui-même, comme s’il voulait se faire tout petit, et son regard est lourd d’anxiété. On est très loin de l’image de l’orateur sûr de lui. Très loin, également, de ce détachement affiché quelques heures plus tard, lorsqu’il annonce que «justice est faite».

Ben Laden est donc mort. Mais on ne verra pas son cadavre. Après avoir hésité plusieurs jours, le président Obama a décidé de ne pas diffuser les images, décrites comme «atroces». «Nous n’arborons pas ce genre de choses comme des trophées», a -t-il déclaré. Washington a expliqué que le corps de Ben Laden, transporté sur le porte-avions nucléaire USS Carl Vinson, avait été immergé quelque part dans le nord de la mer d’Oman. Et là, un certain nombre de questions se posent, d’autant que j’ai déjà confessé ici mon intérêt pour ces histoires de cadavres. Lire la suite

Reichstag, flies red flag, signalling the end

Tout le monde connaît l’histoire de cette photo, prise le 2 mai 1945 par l’ukrainien Yevgeny KHALDEI: un premier drapeau soviétique, qui fut planté sur le Reichstag le soir du 30 avril, fut aussitôt arraché par des soldats allemands. Attendant que le jour se lève, Yevgeny Khaldei n’avait pas eu le temps de prendre une photo. Le 2 mai, alors que le quartier est définitivement sécurisé, il remonte sur le toit du Reichstag avec deux soldats et réalise ce cliché. La propagande soviétique, qui veillera à effacer les montres que le soldat porte au poignet, a compris l’importance symbolique de ce drapeau qui flotte sur le toit du Reichstag: c’est l’Armée Rouge qui a en effet pris Berlin et qui rend imminente la capitulation de l’Allemagne. Lire la suite