
Le 27 mai à Barcelone, la police évacue la Place de Catalogne, qui était occupée depuis dix jours par le mouvement des "indignés". (Source: El diario Vasco, AP)
Je ne peux pas m’empêcher de sourire à la vue de cette photo prise le 27 mai dernier à Barcelone quand les mossos ont évacué ces indignados qui occupaient la place de Catalogne. Certes, ce n’est pas très charitable de ma part car les manifestants se sont pris de bons coups de matraque, comme on peut le voir sur cette vidéo. Dans la presse, on a beaucoup vu, ici ou là, le gars qui a les mains tâchées de sang et qui n’oublie jamais de bien fixer l’objectif du photographe. Il prend l’air terrorisé. Terrorisé par des appareils photo? Censée témoigner de violences policières, cette photo nous révèle en fait à quel point nos indignés sont des poseurs: on voit que, nourris à la télé-réalité, ils sont très à l’aise dès que les médias pointent le bout de leurs objectifs. Les portraits d‘indignés publiées le weekend dernier par le quotidien El País confirment cette impression. Ça sent le théâtre. À Bilbao, d’ailleurs, les indignés qui occupaient la place Arriaga ont organisé des ateliers de théâtre. Beaucoup d’entre eux sont en effet des artistes autoproclamés: en fait, des recalés de la société des loisirs, condamnés au spectacle de rue à défaut d’avoir été retenus lors des castings de Gran Hermano ou Operación Triunfo. La rue, c’est donc leur domaine. Et c’est aussi une nouvelle forme de populisme: croire qu’il suffit de descendre dans la rue pour avoir raison. Lire la suite