Une indigestion somalienne

Durant le mois de juillet, on nous a beaucoup parlé de la famine qui sévit dans la Corne de l’Afrique. La Somalie est particulièrement touchée car une terrible sécheresse, qui dure depuis deux ans et qui a d’abord affecté les récoltes et l’élevage, est venue s’ajouter à la guerre civile. On estime que 3,7 millions de Somaliens souffrent d’insécurité alimentaire. Les agences des Nations Unies, telles que l’OCHA, le HCR, l’UNICEF ou la FAO, se sont mobilisées et ont dénoncé une situation catastrophique qui, en attendant la prochaine saison des pluies, en octobre, risquait de s’amplifier: “La situation actuelle représente la plus sévère crise humanitaire dans le monde aujourd’hui et la pire crise de sécurité alimentaire depuis la famine de 1991-1992 en Somalie”, selon l’ONU qui ajoute que “près de 12 millions de personnes” sont menacées. Les médias nous ont montré les images habituelles de terres arides, d’enfants décharnés, de camps de réfugiés, et de distribution de vivres à des silhouettes fantomatiques. Étrangement, un mois plus tard, on n’entend guère parler de cette famine. Lire la suite

Anti-destin hydraulique

Comme Ainhoa est enceinte, nous avons préféré passer le mois d’août à la maison. Quand le temps le permettait, nous avons donc profité de la plage la plus proche, celle de Deba, qui se situe à l’embouchure de la vallée. Une plage agréable, fort différente des plages méditerranéennes, qui s’étire entre des collines verdoyantes. En descendant, la marée découvre de petites mares et des ruisseaux qui s’écoulent vers la mer. Ces ruisseaux font le bonheur de ma fille: armés d’une pelle et d’un râteau, nous nous sommes amusés à construire des barrages, de façon à entraver leur cours. Lire la suite

Agences de notation et visions divinatoires

Le 11 juillet dernier, des ministres des finances de la zone euro tiennent un conciliabule avant de signer le traité sur le mécanisme européen de stabilité (Sources: Le Figaro/ REUTERS/ Thierry Roge)

Alors que la note de la dette américaine a été dégradée d’un cran, ramenée à AA+, par l’agence de notation Standard & Poor’s, on se rend compte que l’influence des agences de notation n’a cessé de s’accroître au cours de ces dernières années. C’est d’autant plus curieux que leur bilan est plutôt catastrophique:  incapables par exemple de prévoir la faillite de Lehman Brothers, elles n’ont pas vu venir la crise financière mondiale. On pourra toujours s’interroger sur leur utilité ou sur leur légitimité, notamment lorsqu’elles se préoccupent de la dette souveraine des États. Sont-elles des oiseaux de mauvais augure? Toujours est-il que les marchés suivent aveuglement leurs recommandations. Pourquoi cette confiance aveugle? Lire la suite

London Calling ?


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Fin juillet, on apprenait que la chanson “London Calling“, extraite de l’album du même nom des CLASH [1], allait être utilisée pour le lancement des Jeux Olympiques de 2012. Aussitôt, la BBC s’est demandé si cette chanson était vraiment appropriée pour attirer les touristes à Londres : Lire la suite

Le nettoyage du delta du Niger n’est pas pour demain

Des scientifiques du PNUE et leurs guides ogoni sur un site pollué (Source: Victor Temofe Mogbolu/UNEP)

Vendredi dernier, Le Monde nous apprenait que le  Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) vient de rendre public, ce jeudi 4 août, un rapport  sur l’impact de la pollution par hydrocarbures en pays ogoni, au coeur du delta du Niger. Ce rapport, qui rend la compagnie pétrolière Shell responsable des problèmes de pollution en Ogoniland, conclut qu’il faudra une trentaine d’années pour nettoyer les zones polluées. Le PNUE précise dans un communiqué: “La restauration environnementale de l’Ogoniland pourrait bien être l’exercice de nettoyage de pétrole le plus vaste et le plus long jamais réalisé dans le monde si l’on veut ramener à un état entièrement sain l’eau potable, les sols, les criques et les écosystèmes importants tels que les mangroves, qui sont contaminés“. Cependant, cette opération de nettoyage ne sera possible qu’après avoir neutralisé toutes les causes de pollution. Pour cela, le PNUE préconise la création d’un fonds spécial pour l’Ogoniland et suggère que les compagnies pétrolières et le gouvernement nigérian y injectent 1 milliard de dollars (701 millions d’euros). Autant dire que la région n’est pas prête d’être dépolluée. Lire la suite