On ne peut être normal et vivant à la fois

Le peintre anglais Charles BENAZECH a représenté en 1793 Louis XVI qui déclare au pied de l'échafaud: «Je meurs innocent des crimes dont on m’accuse».

Fin août, lors de l’université d’été du parti socialiste, François HOLLANDE, favori des sondages pour les primaires du PS, a voulu justifier son idée d’une «présidence normale»: «Quand on me demande ce qu’est un président normal, je réponds: vous avez aujourd’hui un président anormal, faites la différence». L’auditoire, conquis d’avance, a souri. Il est de bonne guerre que François Hollande, en pleine campagne, s’en prenne à Nicolas SARKOZY. Mais que veut-il dire exactement lorsqu’il dit que le président de la République est «anormal»? Et qu’est-ce que la normalité quand on est un chef d’État? Louis XVI, qui passait son temps libre à bricoler des serrures, était-il un«roi normal» ? Et si le fait d’être normal, quand on est chef d’État, avait des effets pervers? La normalité chez un président de la République n’est-elle pas, au final, une démagogie détestable? Lire la suite

Maritxu Kajoi

Ce soir à Mondragón, comme tous les premiers vendredis d’octobre, des milliers de maritxuzales, essentiellement des jeunes, vont célébrer la fête de Maritxu Kajoi. L’émotion sera à son comble à 20h30 lorsque la Vierge du Rosaire, qui se trouve dans une châsse accrochée au flanc de l’église, recevra une offrande florale. Cette Vierge, qui a reçu le nom affectueux de Maritxu, la “petite Marie”, est considérée comme la patronne des txikiteros, c’est-à-dire ceux qui font la tournée des bars. Les maritxuzales la remercient alors pour toutes les fêtes de l’année et lui demandent de veiller à ce qu’ils soient encore tous là pour faire la fête l’an prochain. Quand on voit, le lendemain matin, ceux qui ont passé la nuit dehors et qui rentrent chez eux en titubant, la mine défaite, on peut se demander quel est le sens de cette fête: la recherche de l’ivresse n’est-elle pas ici plus importante que la dévotion mariale? Lire la suite

Anna Calvi: “Desire”

Anna CALVI était en concert le 15 septembre dernier à Durango. Comme Ainhoa était sur le point d’accoucher, je n’y suis évidemment pas allé. Cela faisait pourtant longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de coeur et autant envie d’aller à un concert: la dernière fois, c’était pour Norman, ce groupe d’Eibar, et c’était aussi après les avoir vus live à la télévision. Autant dire que ces toquades sont de plus en plus rares. Est-ce le signe que je vieillis? J’ai trop la sensation que le rock tourne aujourd’hui en rond et qu’il se répète. Comme si les groupes actuels se contentaient de paraphraser ceux d’hier. Lire la suite