Le 27 avril dernier, on pouvait lire dans Le Monde que François HOLLANDE, en meeting à Limoges, avait appelé à “un front républicain face à la tentation de l’extrême droite“. Après avoir longuement condamné les “transgressions” de Nicolas SARKOZY, il a vanté le rôle des communistes dans la Résistance: “Il y a une culture communiste et je voudrais lui rendre hommage“. Apparemment, l’émotion était à son comble et les militants ont entonné le Chant des partisans. Une fois de plus, la gauche brandit l’épouvantail de la menace fasciste pour attaquer la droite. Depuis les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, médias et politiciens de gauche se sont en effet déchaînés. Mardi, Libération, qui avait publié un portrait en noir et blanc de Nicolas Sarkozy, avec une citation tronquée et sortie de son contexte (“Le Pen est compatible avec la République“), parlait dans son éditorial d’un “élan pétainiste“. Mercredi, le quotidien communiste L’Humanité, qui associait en Une les portraits de Nicolas Sarkozy et du Maréchal PÉTAIN, titrait en page intérieure : “1er Mai: le sarkozysme, un néopétainisme”. Tour à tour, Nicolas Sarkozy a été accusé par Jean-Luc MÉLENCHON “d’extrême-droitiser la droite” et par l’écologiste Eva JOLY de mettre “en avant des propos pétainistes“. Pourquoi cette obsession de la gauche pour le pétainisme et le Maréchal Pétain? La France de Vichy, n’est-ce pas à la fois l’antiparlementarisme, le statut des Juifs et la collaboration active avec les nazis? Quel rapport Nicolas Sarkozy a-t-il avec cela? Pourquoi la gauche se croit-elle régulièrement obligée, comme l’a fait François Hollande à Limoges, d’invoquer une “résistance républicaine“? Que signifient ces gesticulations? Quelle vision de l’histoire la gauche prétend-elle nous inculquer? Lire la suite
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Les saucisses du changement
François Brigneau est mort le 8 avril dernier, à l’âge de 92 ans. En 1982, ce hussard avait publié l’excellent Mon village à l’heure socialiste, un journal où il raconte la première année de la France mitterrandienne. C’est un ouvrage savoureux qui, étrangement, parce que François Hollande veut à tout prix ressembler à François Mitterrand, trouve un écho dans la campagne électorale actuelle. Ainsi, quand on voit les images de l’esplanade de Vincennes, dimanche, où 60000 personnes étaient venues, à la fois pour François Hollande et pour le zouk du groupe Kassav’, comment ne pas se remémorer l’ambiance festive de la place de la Bastille, au soir du 10 mai 1981? François Brigneau avait brillamment saisi l’esprit de cette soirée:
Dans les ruines de la cathédrale de Mogadiscio
Alors qu’un attentat à la bombe vient de tuer plusieurs dizaines de personnes près d’une église de la ville de Kaduna, dans le nord du Nigeria, ce ne serait pas du luxe d’avoir en ce dimanche de Pâques une pensée pour tous les Chrétiens persécutés dans le monde.
C’est donc cette photo saisissante, publiée l’été dernier, lorsque des déplacés somaliens, fuyant les milices islamistes shebab, avaient trouvé refuge dans les ruines de la Cathédrale de Mogadiscio, que j’ai choisie pour souhaiter de joyeuses Pâques aux lecteurs de ce blog.
Grève générale en Espagne, revendication d’indépendance au Pays basque
Aujourd’hui, les principaux syndicats espagnols appelaient à manifester contre la nouvelle réforme du marché du travail. L’Espagne est durement touchée par la crise, avec une économie en récession et un chômage qui atteint 23% de la population active. Pour l’instant, le Pays basque semble mieux résister aux difficultés, avec des indicateurs économiques comparables à ceux de la France: une croissance du PIB qui devrait atteindre 0,4% en 2012 et un taux de chômage de 10%. Pourtant, ici, la grève a été massivement suivie. L’an dernier, déjà, quand le gouvernement socialiste avait repoussé l’âge de la retraite à 67 ans, les Basques s’étaient mobilisés alors que les syndicats espagnols, à Madrid, étaient restés silencieux.
En Euskadi, la grève prend en effet une couleur autrement politique, avec des motifs de protestation et de revendication bien spécifiques, comme on peut le voir avec cette affiche que j’ai photographiée ce matin dans une rue de Deba (car j’ai profité de la grève pour aller à la plage et profiter ainsi du beau temps). Sur cette affiche diffusée par la gauche abertzale, le message, bizarrement écrit en castillan, est clair: “L’Espagne est la ruine du Pays basque… Indépendance!“.
Quand Jonas embarque pour le Pays basque
Ma fille aînée, qui fête ses 3 ans aujourd’hui, aime visiter les vieilles églises comme son père et est pleine de dévotion pour la Vierge comme sa mère. Depuis qu’on lui a offert sa première Bible, en euskara, ses poupées s’appellent Isaac, Esther ou encore Jésus. Les histoires de Noë, Moïse et David la passionnent, le jugement de Salomon la fait frémir. Quant à l’adaptation des mésaventures de Jonas, elle a une saveur à la fois particulière et familière: dans la traduction basque, au lieu de s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel [2], Jonas trouve un navire et s’embarque… pour le Pays basque! Lire la suite
Une carte linguistique de l’Europe publiée en 1730
Linguarum Genealogiam exhibens, una cum Literis, Scribendique modis, Omnium Gentium.
Sur cette carte, publiée en 1730 en Allemagne par Gottfried HENSEL, et qui est sans doute l’une des premières cartes linguistiques, les différentes langues européennes sont signalées par la traduction du premier verset du Notre Père. La carte n’est pas toujours précise et comporte quelques bizarreries. Par exemple, lorsqu’on observe attentivement la péninsule ibérique, il apparaît que l’euskara est parlé jusqu’en Galice et que l’Andalousie orientale, qui se distingue par sa couleur rouge, est arabophone, comme si la reconquête n’avait pas été achevée. Mais ce n’en est pas moins un document magnifique qui symbolise bien, à sa façon, les racines chrétiennes de l’Europe. Lire la suite
Au Nigeria, toutes les civilisations ne se valent pas
Ce dimanche, pendant l’office, un terroriste a lancé son véhicule bourré d’explosifs contre une église catholique de Joss, dans le centre du Nigeria. Au moins dix personnes ont été tuées. Cet attentat s’ajoute à ceux qui, depuis plusieurs mois, se sont multipliés contre les Chrétiens dans le Centre et le Nord du Nigeria: le jour de Noël, une attaque meurtrière avait fait 44 morts dans une église près d’Abuja. Le 26 février, un attentat suicide dans une église, revendiqué par Boko Haram, a tué trois personnes à Joss. Le groupe islamiste Boko Haram, qui a revendiqué ces attentats, est également responsable d’une série d’attaques à Kano, la deuxième ville du Nigeria, qui a coûté la vie à 162 personnes le 20 janvier dernier: en visant notamment des bureaux de la police et des services de l’immigration, les terroristes agissaient en représailles après le refus du gouvernement de libérer des prisonniers. On estime que les actes de violence imputés à Boko Haram auraient fait un millier de morts depuis 2009, dont plus de 300 cette année, selon des chiffres de groupes de défense des droits de l’homme. Que signifient ces attentats? Alors que le ministre de l’intérieur, Claude GUÉANT, a déclenché en France une vive polémique en déclarant que “toutes les civilisations ne se valent pas“, ces massacres de Chrétiens au Nigeria ne sont-ils pas le signe d’un choc des civilisations?
Liberté, égalité… superioridad
Lundi 13 février, sur la pelouse de Saint-Sébastien, où ils étaient venus affronter la Real Sociedad entraînée par Philippe MONTANIER, les joueurs du FC Séville arboraient un nouveau maillot floqué, sur la poitrine, du slogan : «Liberté, égalité… superioridad». Les responsables du club expliquaient qu’il s’agissait d’afficher leur solidarité avec «tous les sportifs nationaux» dont l’image avaient été salie par les Français. Des Français qui auraient un complexe de supériorité. En effet, après la condamnation pour dopage du cycliste Alberto CONTADOR, les Espagnols, blessés, n’ont pas apprécié que les Guignols de l’info se moquent de leurs sportifs. Un sketch mettant en scène le joueur de tennis Rafael NADAL utilisant sa propre pisse comme carburant pour sa voiture, a déclenché la polémique, au point que deux ministres, celui des Affaires extérieures, José Manuel GARCÍA-MARGALLO, et celui de l’Éducation, de la Culture et du Sport, José Ignacio WERT, ont officiellement protesté. De même, la vice-présidente du gouvernement, Soraya SÁENZ DE SANTAMARÍA, qui a condamné les «attaques», a affirmé que le gouvernement “défendra l’authenticité des exploits des sportifs espagnols”. L’incident diplomatique n’est pas loin. Dans la foulée, les médias ont réveillé cette haine du gabacho qui sommeille au fond de chaque espagnol. Tout cela, à cause d’une parodie des Guignols? Voilà qui mérite réflexion. Les complexes de supériorité des uns ne répondent-ils pas aux complexes d’infériorité des autres? En fait, pour comprendre les relations compliquées entre Espagnols et Français, il nous faudra remonter à la période révolutionnaire et au premier Empire.
Mais où sont passés les cimetières d’éléphants?

Un garçon récupère des restes de matériel électronique dans une décharge au Ghana. (Sources: Kai LOEFFELBEIN / UNICEF )
Fin décembre, l’UNICEF a décerné le prix de la «Photo de l’année» à la photo ci-dessus, qui nous montre un gamin vêtu d’un maillot du Barça en train de récupérer des déchets électroniques dans la décharge d’Agbogbloshie, au Ghana. Au même moment, pour Noël, la vente de tablettes tactiles explosait en France. On apprenait également la mort de Cheetah, le chimpanzé qui apparaissait au côté de Johnny WEISSMULLER dans les films de la série “Tarzan“. Toutes ces informations n’ont aucun rapport entre elles. Et pourtant, elles nous offrent l’occasion, après avoir déjà évoqué les pirates somaliens puis le Sud-Soudan, de poursuivre notre réflexion sur les liens entre les Pays les Moins avancés d’Afrique et la mondialisation. Déjà, en juin dernier, une photo dans El País avait retenu mon attention: l’article qu’elle illustrait nous révélait que le trafic de déchets électroniques vers les pays pauvres augmentait. Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), plusieurs dizaines de millions de tonnes de déchets électroniques seraient produites chaque année dans le monde. Les trois quarts de ces déchets se perdent ensuite au Ghana, en Inde, en Chine ou ailleurs, où ils sont brûlés à l’air libre afin de récupérer les métaux précieux tels que le cuivre ou l’argent. Avec les conséquences sur l’environnement et sur la santé que l’on imagine. Ainsi, à Accra, au Ghana, le marché d’Agbogbloshie n’a rien d’un marché: c’est une gigantesque décharge qui s’étend sur des kilomètres. Ce cimetière pour ordinateurs, téléphones portables et autres appareils électroménagers n’est-il pas finalement le signe que l’Afrique est, malgré tout, rattachée à la mondialisation? Lire la suite
La mondialisation au petit-déjeuner
En France, pendant les vacances de Noël, j’ai remarqué que les fameux biscuits Petit Déjeuner, de LU, avaient changé de nom. Pourquoi pas. Mais mon attention a surtout été retenue par un petit texte, au dos du paquet, qui prétend justifier le changement de nom:
LU Petit Déjeuner devient belVita Petit Déjeuner.
Parce que vos délicieux biscuits méritent un vrai nom, identique partout dans le monde.
Et voilà: un vrai nom, ce serait donc un nom qui est “identique partout dans le monde“. Comme si un biscuit allait nous sembler meilleur parce que les Chinois, à l’autre bout de la planète, lui donnent le même nom que nous. De retour en Espagne Euskadi, j’ai voulu vérifier au supermarché: les mêmes biscuits, avec le même nom, dans le même emballage, étaient apparus dans les rayons. Cette internationalisation d’un produit, qui passe par l’uniformisation de son appellation, ne révèle-t-elle pas en fait l’un des aspects les plus désagréables de la mondialisation? Lire la suite








