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San Blas à Apotzaga
Cette année encore, à l’occasion de la San Blas, les fidèles n’ont pas manqué de se rendre dans le quartier rural d’Apoztaga, pour assister à une messe et faire bénir toutes sortes d’aliments ainsi qu’un cordon, le « San Blas Kordala », censé guérir les maux de gorge. On peut trouver une vidéo sur le site de Goiena:
Giro ederra eta jende ugari, San Blas egunez Salluenten
Otsailaren 3a, San Blas eguna. Jakiak bedeinkatu eta abar, hainbat herritan egiten dituzte ospakizunak santuaren omenez. Baita Aretxabaletan ere.
Goizeko 10:30 aurretxoan badator jendea bidean aurrera; pausoz pauso helmugara iritsi arte. Eta otsailak 3, San Blas egunez Aretxabaletan Apotzaga Etxeberri auzoko Salluente ermita dute bilgune. Nagusiek eta baita haurrek ere. Asko izan dira gaur ere.
Tradizioari jarraituz erramua eskuan, Angel Elorza apaizaren deiak bildu ditu ermita aurrera inguruan lagunartean solasean ari zirenak. Giro ederrarekin egin dute meza, fedeari eta tradizioari jarraituz.
Horien, txikienen momentua meza amaieran iritsi da. Bereziki deitu ditu apaizak, eta han gerturatu dira tropelean, etxetik ekarritako jakiekin. Euren elikagaiak bedeinkatu nahi zituzten hainbat nagusi ere inguratuz, poltsak gora, tradizioak dioena beteko den itxaropenarekin.
Niri euskaraz!
Ce jeudi, c’était le jour de l’euskara et nous nous sommes retrouvés sur la place du village, comme en témoignent cet entrefilet et cette photo de Mirari Altube publiés sur Goiena:
Euskararekin bat egin dute aretxabaletarrek
Herriko plazan elkartu dira herritarrak Euskararen Nazioarteko Eguna ospatzeko. Euskara aldarrikatu du euskaltegian ikasten dabilen ikasle batek eta argazkia atera dute gero. Orain kantuan jarraitzen dute txistorra jan bitartean.
Le simple fait de figurer sur la photo ci-dessus suffit à me transformer en dangereux terroriste aux yeux de beaucoup d’Espagnols! De plus, circonstance aggravante, Miren, ma prof de basque à l’euskaltegi, m’avait demandé de lire un texte pour l’occasion:
Etorkina, kanpotik etorria naizelako.
“Inmigrante“ nintzenean baino modu goxoagoan hartzen nau orain euskararen lurraldeak. Eta gainera, euskaraz hitz bat ikasten dudanero bertokoago sentitzen naiz.
Herri honetan, beste bat gehiago izateko ahaleginean, saiatzen naiz euskaltegian erakusten didatena kalean erabiltzen. Eta askotan bertokoak neu baino arrotzagoak direla sentitzen dut, hainbeste maite dutela dioten euskara baztertu eta erdaraz erantzuten didatelako.
Eta ezin ulertu jende hauek zelan egiten dioten uko ama hizkuntzari, etorkin esaten digutenoi bertoko kultura barneratzea eskatzen digutenean. Zer ote da orduan, arrotz izatea. Aukera hau baliatu nahiko nuke, euskaldun zahar zein berriei euskara erabiltzeko konpromiso serioa har dezaten eskatzeko.
Bizi gaitezen euskaraz. Niri, euskaraz!
Après cela, si le juge Garzón ne me fait pas emprisonner, tout le monde ici va désormais me parler en euskara et je n’ai pas fini d’avoir la bouche bée et l’air ahuri. Que ne ferait-on pas pour un peu de vin et de txistorra.
La célébration de San Blas
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Ce mardi 3 février, à Aretxabaleta comme ailleurs dans la vallée du Deba, on fêtait la San Blas. De quoi s’agit-il? Voyons l’article qui est paru ce 4 février dans le Diario Vasco:
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San Blas celebró su fiesta anual
Centenares de personas acudieron como todos los años a la tradicional peregrinación a la ermita atxabaltarra de Sailuente.
ARETXABALETA. DV. El buen tiempo, soleado, aunque fresquito, hizo que cientos de personas se acercaran un año más a cumplir con la tradición de la bendición de los alimentos que se realizó en la ermita de San Blas o Sailuente..
Pour soigner les maux de gorges, il est courant ici de demander l’aide de Saint Blaise. Ainsi, chaque 3 février, le jour de la San Blas, les fidèles se rendent dans le quartier rural d’Apoztaga, où se trouve la petite chapelle Sailuente, dédiée à Saint Blaise, et font bénir toutes sortes d’aliments ainsi qu’un cordon, le “San Blas Kordala”. Ce cordon est ensuite porté autour du cou durant 9 jours puis on le brûle. C’est une façon de se protéger de toutes les maladies de la gorge pour l’année qui vient. Comme depuis un mois je n’arrive pas à me débarrasser d’une bronchite, j’ai envoyé mon beau-père en service commandé: il a fait bénir une tablette de chocolat et nous verrons si le saint a davantage de pouvoir que le médecin.
D’après la Légende Dorée, de Jacques de VORAGINE [1], que l’on peut consulter sur le site de l’Abbaye Saint Benoît, San Blas, ou Saint Blaise, était un médecin qui vécut au troisième siècle et qui fut élu évêque de Sébaste, une ville de Cappadoce. Sans doute pour fuir les persécutions de Dioclétien, il se retira sur une montagne pour mener une vie érémétique, entouré d’animaux. Il accomplit de nombreux miracles comme la guérison d’un enfant qui s’étouffait avec une arête de poisson:
Une femme apporta aux pieds du saint son fils qui était mourant d’un os de poisson arrêté dans la gorge ; elle lui demanda avec larmes la guérison de son enfant. Saint Blaise lui imposa les mains et fit une prière pour que cet enfant, aussi bien que tous ceux qui demanderaient quoi que ce fût en son nom, obtinssent le bienfait de la santé; et sur-le-champ, il fut guéri.
C’est sans doute pour ce fait que l’on invoque Blaise pour les maux de gorge. Jacques de VORAGINE précise d’ailleurs que Blaise demanda d’avoir ce don, juste avant d’être décapité:
Et à l’instant l’ordre fut. donné de le décapiter Quant à Blaise, il pria le Seigneur que si quelqu’un réclamait son patronage pour le mal de gorge, ou pour toute autre infirmité, il méritât aussitôt d’être exaucé. Et voici qu’une voix du ciel se fit entendre à lui, qu’il serait fait comme il avait demandé. Ainsi fut décapité ce saint avec deux petits enfants, vers l’an du Seigneur 283.
Ainsi s’explique la coutume de faire bénir des aliments le jour de la saint Blaise, pour guérir mais aussi pour prévenir les maux de gorge. Parfois, les aliments ne sont pas indispensables et, dans Rito y fórmula en la medicina popular vasca [2], Juan GARMENDIA LARRAÑAGA nous rapporte la croyance selon laquelle boire un demi verre d’une eau qui avait été bénite le jour de la San Blas suffirait à soigner la pharingite:
San Blas egunean bedeinkatutako uretikan baso erdi bat artu.
Parmi les aliments que l’on fait bénir, on trouve traditionnellement un gâteau préparé pour l’occasion, la torta de San Blas ou San Blas opilak. Un autre article du Diario Vasco paru le 1er février nous précise que ce gâteau est originaire d’Eibar:
Si uno abre el diccionario de euskera de la zona de Bergara -Bergara aldeko hiztegia- y consulta el vocablo San Blas-opilla (Torta de San Blas), se encontrará con el dato de que «esta tradición se ha extendido desde Eibar a los demás pueblos».
Aujourd’hui, le gâteau de San Blas s’est largement diffusé au-delà d’Eibar et des alentours si bien qu’on peut le trouver dans de nombreuses pâtisseries du Gipuzkoa. Dans la vallée du Deba, c’est un gâteau que l’on continue à faire à la maison, comme on peut le voir en images sur le site de Elgoibarren.net. En voici la recette, telle que nous l’a donnée Amaia K, de Bergara:
Ingrédients: 1kg de farine, 6 oeufs, 200 grammes de beurre, 20 cuilléées de sucre, 100 grammes de levure, de l’essence d’anis.
Faire fondre le beurre. Battre les oeufs. Ajouter le beurre, le sucre et l’anis aux oeufs battus. Mettre la farine sur une surface lisse, ajouter la levure. Ajouter progressivement le mélange des oeufs et pétrir. Donner une forme de galette et mettre au four à 150º. Pour le blanc du dessus, battre le blanc d’un oeuf en neige. Ajouter 100 grammes de sucre glace et quelques gouttes de jus de citron.
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À Aretxabaleta, la chapelle de Sailuente est un lieu où la célébration de la San Blas est bien enracinée. S’il existait jadis à Mondragón une chapelle qui a aujourd’hui disparu, on trouve encore dans la vallée du Deba d’autres chapelles dédiées à ce saint: à Elgeta, Antzuola, et Bergara, où le culte est également célébré, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, diffusée sur GOITB.
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Gurutzi ARREGI ARPEITIA, dans un article intitulé Rituales de protección en ermitas y santuarios de Bizkaia (País vasco) [3], nous dit que cette coutume existe également hors du Gipuzkoa, à Zeberio, Urregi, Lekeitio, Murelaga, Kurtzio et Bermeo, en Biscaye.
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On rapporte aussi que San Blas est invoqué pour la bonne santé du bétail: il existait la coutume de dire ¡San Blas! quand un animal toussait. La date du 3 février est ainsi une date importante du calendrier religieux local. On se trouve au milieu du cycle hivernal et, comme dit le proverbe: «Kandelarioz elurra dario, San Blasek lagunduko dio»!
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[1] Jacques de VORAGINE. La légende dorée, Paris, Garnier Flammarion, 2 tomes.
La fête de l’Assomption

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Le 15 août, les catholiques ont l’habitude de fêter l’Assomption, qui célèbre l’élévation au ciel de la Vierge Marie. Cette journée, fériée dans un certain nombre de pays, est l’occasion de manifestations variées en l’honneur de la Vierge. Ainsi, à Séville, on porte la Vierge des Rois en procession autour de la Cathédrale (photo ci-dessus). Cette Vierge de style gothique, qui tient l’enfant Jésus sur ses genoux et qui trône depuis 1579 dans la Chapelle Royale de la Cathédrale, est la patronne de l’Archidiocèse de Séville. On l’appelait également jadis Notre Dame d’Août et l’on raconte qu’elle fut offerte par Saint Louis à Ferdinand III, le roi qui reconquit Séville. [1] La Reconquête est souvent une référence, presqu’un mythe fondateur, plus ou moins conscient, qui a donné par le passé sa vitalité aux fêtes religieuses en Espagne.
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Comme à Séville, on organise dans toute l’Espagne des processions pour célébrer l’Assomption. Le Pays basque, à l’autre bout de la péninsule, n’échappe pas à la règle. Ainsi, par exemple, à Aretxabaleta, en Gipuzkoa, le 15 août est l’occasion chaque année des “Andramaixak“, fêtes patronales dédiées à la Vierge qui durent 3 jours. Brusquement, la petite ville qui était déserte retrouve son animation: nombre d’habitants d’Aretxabaleta ont en effet l’habitude de revenir de vacances à ce moment pour assister aux fêtes. Une messe est donnée et une procession parcourt les rues du centre avec l’Image de la Vierge portée sur son brancard (voir photo ci-contre). Mais l’aspect religieux semble être devenu un prétexte à la fête et le programme des festivités reflète ce processus de laïcisation: concerts, tournoi de pelote, course cycliste, sokamuturra (vachettes dans la rue principale qui fut le théâtre de la procession) et repas populaire. Il est également intéressant de voir que ces fêtes ont pris un caractère nettement politique: l’honneur est rendu au drapeau basque (photo ci-dessous), des banderoles avec des slogans revendiquant l’indépendance sont tendues dans le centre-ville, et les txosnas, des stands débitant des boissons, véhiculent à la fois une esthétique et un message radical. Ces fêtes ne se résument donc pas à leur signification religieuse: elles sont l’occasion de fêter le pueblo (à la fois le village et le peuple) et participent ainsi à la célébration de l’identité du village.

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Mais revenons à l’Assomption: d’où vient cette fête? Les Évangiles ne disent rien sur la fin de vie de Marie. Une tradition rapporte que l’Assomption aurait eu lieu à Éphèse, où la Vierge semble avoir vécu ses dernières années. Quoi qu’il en soit les catholiques ont adopté cette croyance avec ferveur, au point qu’en France Louis XIII avait fait du 15 août la fête nationale. Napoléon Ier lui substitua même une éphémère « Saint Napoléon ».
Alors, pourquoi cette fête et pourquoi cette date?
Il faut remonter au Moyen-âge et notamment à l’époque où l’Espagne était musulmane pour trouver une explication. Sous l’autorité des Abbassides, à partir du VIIIème siècle, différents savants arabes s’attaquèrent à la traduction en arabe des principales oeuvres scientifiques sanscrites, syriaques ou grecques. Les Califes, qui s’intéressaient particulièrement au savoirs des Grecs, finançaient généreusement les traducteurs à condition qu’ils consacrent leur travail aux sciences exactes: c’est ainsi que furent traduits l’Almageste et les Éléments d’Euclide ou encore les textes médicaux d’Hippocrate et de Galien.
Traduire fidèlement est une tâche ardue, voire impossible . Pour éviter l’écueil du “traduttore, traditore“, les traducteurs arabes essayaient de réunir et de comparer toutes les versions possibles d’une même oeuvre, ce qui contribua à l’essor des grandes bibliothèques arabes telle celle de Cordoue. Les textes arabes passèrent ensuite, surtout à partir du XIIème siécle, entre les mains de traducteurs latins. L’inventaire par matière de ces traductions latines nous confirme l’intérêt pour ce que l’on considérait alors comme des sciences exactes: mathématiques, astrologie et astronomie représentent la moitié des ouvrages traduits.
Les traducteurs pouvaient avoir des difficultés dans leur traduction en latin et utilisaient même parfois une langue intermédiaire, comme Gérard de Crémone, Michel Scot, Daniel de Morley ou Hermann l’Allemand. Ils se livraient parfois à une lecture trop rapide des textes arabes et les abordaient avec des idées préconçues, voulant parfois trouver des références au christianisme, si bien qu’ils pouvaient commettre des erreurs. Ainsi, comme nous l’explique Juan VERNET dans son excellent essai Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne [2], en traduisant le Kitâb al-madkhal al-Kabîr d’Albumasar, Jean de Séville (manuscrit ci-contre) et Hermann de Carinthie vont entretenir la confusion entre la Vierge Marie et la constellation de la Vierge:
“C’est à ces désirs inconscients que Virgile dut l’estime où le tint la Chrétienté -on lui attribuait une églogue messianique- de même que l’astrologue musulman Albumasar. De fait: en traduisant le Kitâb al-madkhal al-Kabîr (introductorium majus) d’Albumasar, Jean de Séville (1133) et Hermann de Carinthie (1140) lui font dire, au passage du livre 6 qui traite des décans astrologiques de la constellation de la Vierge, des choses étrangères à l’esprit de l’auteur. [...]
Ce texte ainsi compris préfigurait l’Assomption de la Vierge: il rendit plus tolérable la lecture de textes musulmans, fut incorporé dans le Roman de la Rose et contribua probablement à fixer au 15 août la commémoration de la fête.”
Et voilà: une mauvaise interprétation d’un texte arabe d’astrologie par des traducteurs latins médiévaux est à l’origine de la date à laquelle on fête l’Assomption.
fm

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[1] SANCHEZ GORDILLO Alonso (1561-1644), Religiosas estaciones que frequenta la devoción sevillana (observaciones de Alonso Sanchez Gordillo, natural de Sevilla, Abbad maior de la Universidad de beneficiados de dicha ciudad), Bibliothèque Colombine, Séville, cote 82-5-24. Le manuscrit consulté est une copie de 1707.
[2] VERNET Juan. Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne, Paris, La Bibliothèque arabe Sindbad, 1985, 461 pages.
Greba!
Le quartier rural de Goroeta (Aretxabaleta)
La vallée du débat ?
Ainsi, le refus du TGV s’inscrit dans la tradition contestataire du Pays basque. On pourrait cependant s’interroger: les gens qui s’opposent au train sont-ils vraiment des écologistes? Pourquoi ces écologistes ne voient-ils pas la pollution qui a fait du Deba une rivière morte? Pourquoi ne protestent-ils pas contre la spéculation immobilière qui a conduit à enlaidir le paysage? Où étaient-ils enfin quand on a décidé de construire cette autoroute sans avenir qui défigure la vallée du Deba? Pourquoi s’en prennent-ils donc tellement au TGV? Par simple esprit de contradiction? Par exemple, les arguments sur la pollution générée par le train ne tiennent pas: en terme d’émissions de gaz à effet de serre, le transport ferroviaire n’est-il pas largement préférable au transport routier? Il suffit de visiter ces deux sites pour en avoir le coeur net: co2solidaire.org et Actioncarbone.org. C’est d’ailleurs un argument que reprend le gouvernement autonome basque lorsqu’il présente son projet: le TGV permettrait de réduire la pollution atmosphérique de 70%, en évitant notamment l’émission de 200 à 400 tonnes de CO2 par jour. Reste à savoir si le train va vraiment se substituer au trafic routier. Pour faire taire les protestations des écologistes, le gouvernement autonome basque a également publié une carte montrant que le tracé, baptisé “Y vasca“, n’affectera pas les parcs naturels du Pays basque. Comme si cet argument pouvait suffire…
Les partisans du train avancent aussi des arguments économiques: le TGV devrait entraîner la création de 6900 emplois et favoriser une augmentation du PIB… En réponse, l’affiche No fiutxur associe l’image du TGV à des billets de banque: on reproche non seulement au train de nuire à l’environnement mais aussi de servir les intérêts financiers des spéculateurs. Les gens qui s’opposent au train se prétendent donc écologistes et anticapitalistes… Consultons le site de AHT Gelditu! Elkarlana, très complet, et voyons les arguments. Certains sont d’une inspiration clairement anti-libérale et anti-mondialisation:
El TAV acaba con el concepto de transporte ferroviario como servicio público.
El TAV tendrá un efecto regresivo en la distribución de la renta y el gasto social.
El TAV fomentará la precariedad laboral y facilitará la deslocalización industrial.
El TAV es el más claro exponente del neoliberalismo.
Les remises en question de la mondialisation et du modèle libéral constituent ici un prolongement naturel de la contestation écologiste. Le TGV incarne ainsi, aux yeux de ses détracteurs, tous les vices de l’ultralibéralisme. Il risque d’entraîner la fin d’un transport ferroviaire public et universel (“lo pagaremos entre todos pero, en función de los recorridos y el precio del billete previstos, tan sólo podrán utilizarlo unos pocos“), des dépenses publiques faramineuses qui entraîneront la réduction des aides sociales (“con ese dineral podría financiarse un transporte público de calidad para el conjunto de la población, así como responder a muchas otras necesidades sociales“), des délocalisations et du travail précaire (“Con ello acentuará la situación de dependencia estructural que padece Euskal Herria y alejará la posibilidad de un desarrollo auto-centrado“).
Ce dernier point est intéressant: le train à grande vitesse apparaît comme un agent néfaste de la mondialisation. Il va à l’encontre des intérêts du Pays basque puisqu’il va le rendre dépendant de l’extérieur. Le train est donc une menace pour l’identité et le sentiment national basque. D’ailleurs, on répète à l’envi qu’il est imposé au peuple basque sans concertation: “Con el comienzo de las obras de la “Y Vasca”, el relanzamiento del proyecto de nueva línea en Lapurdi y la apuesta ciega por el Corredor Navarro de Alta Velocidad, tanto los estados español y francés, como los gobiernos de Gasteiz e Iruñea, han optado, una vez más, por la prueba de fuerza, la política de hechos consumados y la imposición“. On le voit, les motifs d’être contre le train sont nombreux et variés: le TGV cristallise ici en fait toutes les peurs, toutes les rancoeurs et toutes les frustrations d’une population. Avec ce projet, c’est le Pays basque que l’on meurtrit. D’autres arguments développés sur le site d’AHT Gelditu! Elkarlana méritent enfin d’être examinés car ils sont très pertinents. Ils évoquent les effets du train sur le territoire:
El TAV acentuará el desequilibrio territorial.
El TAV no solucionará los graves problemas de tráfico y transporte existentes.
En effet, le train ne va pas résoudre les problèmes de circulation automobile à l’intérieur du Pays basque et il risque en outre d’accroître les déséquilibres territoriaux. Voyons encore ce que disent à ce propos les opposants au projet sur un autre site (AHT ez / TGV Non):
El TAV acerca lo lejano y aleja lo cercano El Tren de Alta Velocidad es una infraestructura gigantesca, destruye la tierra por donde pasa y tiende a concentrar la población en grandes y lejanas ciudades. El TAV es fruto, necesidad e impulsor del modelo económico desarrollista basado en el crecimiento sin freno del transporte y del despilfarro al servicio de la concentración de riqueza y la extensión de la pobreza. TAV = más velocidad, más coches, más camiones, más autovías. Superpuertos, aeropuertos, puertos secos. Centrales térmicas, centrales eólicas, gaseoductos, líneas de alta tensión despilfarro energético. Pantanos, eurociudades, urbes y metrópolis. Es el mundo de hormigón.
Ce texte met en évidence les aspects négatifs de tous les réseaux de transport à grande vitesse tels que le TGV ou l’autoroute. Comme le montre la carte anamorphique ci-contre, les moyens de transports rapides modifient l’espace, et la perception qu’on s’en fait: l’itinéraire n’a plus d’importance et l’espace devient discontinu dans la mesure où seuls comptent les points d’entrée et de sortie dans le réseau. Cela renforce une polarisation et une hiérarchisation du territoire autour des quelques grandes villes desservies. Les espaces intermédiaires sont quant à eux soumis à un véritable “effet tunnel”: le réseau ne fait que les traverser, ce qui génère des nuisances, et la durée des déplacements reste liée aux distances. La curculation routière ne sera pas réduite dans ces espaces. On peut donc comprendre les réactions d’hostilité ici: avec sa ligne de TGV et son autoroute, la vallée du Deba risque de se réduire à un long tunnel à ciel ouvert. Enfin, d’une certaine manière, en intégrant les capitales du Pays basque au réseau de transport européen, le TGV symbolise ici cette mondialisation qui menacerait l’identité culturelle du Pays basque.
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[1] Huan PORRAH. Negación punk en Euskal Herria, Tafalla, Txalaparta, 2006, 408 pages.
[2] Julio CARO BAROJA. Los Vascos, Istmo, Madrid, 2000, 385 pages.
Les fêtes de la Saint-Michel à Aretxabaleta
Aujourd’hui, les Sanmigelak sont surtout l’occasion de faire la fête, de bien manger et bien boire! Les animations ne manquent pas : une foire agricole bio dans la rue principale, des compétitions sportives avec des démonstrations de aizkolaris, (débiteurs de troncs d’arbres) et harrijasotzailes (souleveurs de pierres), des championnats de belote et d’échecs, des concerts (des chorales mais aussi des txistularis avec leurs flûtes, des trikitixaris avec leurs accordéons, et des txalapartaris et leurs tambours), un repas populaire sur la place du village, des bertsolaris qui improvisent des vers sur un thème donné, des cabezudos (ou buruhandiak, ci-contre, sorte de pères fouettards avec une grosse tête qui font peur aux enfants), etc.













